Chimpanzés, gorilles, sangliers, voire chevaux ou chiens : ces animaux possèdent actuellement des virus qui pourraient être responsables de la prochaine maladie d’origine animale qui infectera l’humanité à grande échelle.
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“On ne peut pas dire d’où viendra la prochaine pandémie, mais une dizaine d’espèces ont un très grand nombre de virus en commun avec Homo sapiens, un préalable à la transmission interspécifique”, a déclaré Timothy Poiso, professeur de sciences biologiques à l’université. de Montréal et auteur principal vient de paraître sur le sujet dans le magazine arXiv.
Avec des collègues du Royaume-Uni et des États-Unis, le chercheur a utilisé l’intelligence artificielle pour identifier les espèces animales les plus susceptibles de transmettre des virus aux humains porteurs de maladies graves appelées zoonoses.
On sait que le coronavirus à l’origine du COVID-19 est d’origine animale, même si l’espèce n’a pas encore été officiellement identifiée, tout comme le virus responsable du sida. On dit que la chauve-souris cause la rage et le rat la variole du singe. Pour savoir quelles zoonoses seraient les plus concernées, les chercheurs ont utilisé une base de données très complexe de 80 000 interactions hôte-virus possibles.
De nombreux facteurs
Le chercheur précise que les espèces qu’il a identifiées ne sont pas forcément celles qui transmettront sans doute le prochain virus capable de provoquer une pandémie humaine, tant de facteurs jouent un rôle dans ce phénomène. Un élément capital est la promiscuité que nous entretenons avec certains types.
“Bien que nous ayons de nombreux liens génétiques avec les chimpanzés et les gorilles, peu de personnes entrent quotidiennement en contact avec ces animaux. D’autre part, le chien est un animal qui partage l’intimité des gens depuis la nuit des temps », a déclaré M. Poiso.
Cela signifie-t-il que la prochaine pandémie pourrait provenir du “meilleur ami de l’homme” ? Il n’y a pas de consensus sur cette question, a déclaré le biologiste, mais le chien est à l’origine de plusieurs “nouveaux” virus qui ont infecté des personnes en Malaisie, à Cuba et en Haïti.
35 000 heures d’ordinateur
Fortement théoriquement, le travail des biologistes nécessite 35 000 heures d’utilisation de l’ordinateur de Calcul Québec, un organisme à but non lucratif qui nécessite l’utilisation de superordinateurs, des machines 3 000 fois plus puissantes que celles utilisées à la maison.
A l’issue de ce travail, une vingtaine de cas ont été conservés. Les chercheurs ont été surpris de découvrir que l’un d’eux, responsable de la variole chez la souris, avait en fait été identifié comme responsable de l’épidémie dans une école chinoise en 1987.
Leur découverte a permis de repositionner les espèces les plus menacées, selon les connaissances scientifiques modernes. Alors que des espèces européennes étaient suspectées, les recherches d’une équipe internationale se sont tournées vers l’Amazonie. C’est là, selon le professeur Poiso, que le potentiel d’évolution virale est le plus grand.
GALSKI KON
(Equus caballus)
Dans l’écurie, le cheval peut transmettre la teigne, la gale et la salmonellose. L’espèce sauvage est encore présente principalement dans l’ouest des États-Unis et l’ouest du Canada.
CHIEN
(Canis lupus familiis)
Issu du loup gris, le chien est la première espèce domestiquée par l’homme et vit dans le monde entier. Outre la rage, souvent mortelle, le chien peut transmettre des maladies bactériennes telles que la leptospirose, provoquant de la fièvre et un dysfonctionnement rénal.
CHIMPANZÉ
(Pan troglodytique)
Soupçonné d’être à l’origine du sida, un rétrovirus qui l’aurait touché bien avant l’homme, le chimpanzé serait responsable de la transmission d’Ebola, souvent mortelle pour l’homme.
GORILLE DE L’OUEST
(gorille gorille)
Le gorille occidental se trouve dans les plaines de sept pays africains. Ebola détruirait une grande partie des espèces aujourd’hui au bord de l’extinction. Il a peut-être joué un rôle dans la transmission du virus du SIDA à l’homme.
GORILLE DES MONTAGNES
(Gorille Beringay)
Ce primate tout aussi menacé vit dans la région des Grands Lacs en Afrique. Il transmet des maladies telles que la grippe, la méningite et la tuberculose.
RAT DE CAYEN
(Proechimys guyannesis)
En Guyane, la leptospirose, également transmise par les chiens, est appelée “maladie du rat”. Cette espèce latino-américaine diffère du rat surmulot (Rattus norvegicus) que l’on trouve dans des villes comme Montréal.
SANGLIER EUROPÉEN
(ta lettre)
Mammifère originaire d’Europe et domestiqué dans des fermes d’Amérique du Nord, le sanglier est porteur d’une trentaine de maladies transmissibles à l’homme, dont la brucellose et la tuberculose.
MÈRE DE MONTAGNE
(Peromyscus maniculatus)
Présente au Québec, la souris sylvestre est porteuse de l’hantavirus dans son urine, sa salive et ses excréments. Symptômes humains : fièvre, frissons, maux de tête et douleurs musculaires. Si elle n’est pas traitée, la maladie provoque des difficultés respiratoires.
HOMMES DE LA GRANDE TERRE
(Hylaeamys megacephalus)
Limité au continent sud-américain, ce rongeur est responsable de cas de leishmaniose, une infection cutanée parasitaire.
ZYGODONTOMYS BREVICAUDA
(Pas de nom en français)
Cette espèce de rongeur, présente en Amérique du Sud, a été identifiée comme réservoir du virus de la fièvre hémorragique vénézuélienne.
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