La forêt continue de brûler à La Teste-de-Buch, dans le bassin d’Arcachon, et à Landiras et Guillos dans le sud de la Gironde. Ce lundi matin en préfecture de Gironde ce sont 14.000 hectares brûlés depuis mardi dernier (9.800 dans le secteur de Landiras, 4.200 à La Teste). A Landiras, le feu s’étend sur 14,5 kilomètres de long et neuf de large avec une circonférence de 48 kilomètres. Et à La Teste-de-Buch, le feu s’étend sur neuf kilomètres de long et sept de large avec une circonférence de 28 kilomètres. La journée à venir s’annonce particulièrement délicate car le service est en alerte rouge canicule et des températures de 44°C sont attendues dans le service. “C’est la pire journée”, a déclaré ce lundi matin Bruno Lafon, président de la Protection des forêts contre les incendies (DFCI) en Gironde. “Dimanche s’est déclaré jour presque calme et malheureusement il reste 2000 hectares en près d’une heure et demie et la reprise a été terrible à La Teste. Ce lundi, entre des températures et des vents de 50-60 km/h, on craint le pire”.
La chose importante
- Au total, 14.000 hectares ont brûlé depuis mardi (9.800 dans le secteur de Landiras, 4.200 à La Teste).
- Les températures très élevées attendues en journée, combinées à des vents tourbillonnants, font craindre le pire aux pompiers.
- Environ 16 200 personnes ont été évacuées depuis le début des incendies. Aucune évacuation n’a été effectuée dans la nuit de dimanche à lundi.
- Les moyens sapeurs-pompiers ont été renforcés dimanche soir : neuf avions, 2.400 sapeurs-pompiers de Gironde et 1.400 sapeurs-pompiers des autres départements se relayent chaque jour aux incendies et aux casernes départementales.
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Écoutez France Bleu Gironde pour suivre l’évolution des incendies.
- Les routes fermées à la circulation sont répertoriées sur le site internet de la préfecture.
La situation à La Teste-de-Buch
Selon un bilan transmis ce lundi matin par la préfecture de la Gironde, 4.200 hectares ont brûlé sur le secteur de La Teste-de-Buch depuis le départ de l’incendie mardi 12 juillet. Une mise à jour complète pour la nuit est prévue pour le matin. Le maire de La Teste a indiqué plus tôt ce lundi matin que le feu avait avancé principalement de la plage de La Salie en direction de Biscarosse. Les flammes avaient atteint l’océan en fin de journée dimanche, traversé la route qui mène de la Dune du Pilat à Biscarosse et atteint la plage du lagon, située entre la plage du Petit Nice et la plage du Salé.
Plusieurs bâtiments ont été sauvés pendant la nuit
Selon nos informations, la maison forestière a été sauvée dans la nuit de dimanche à lundi, et les restaurants de plage du Petit-Nice, La Lagune et La Salie ont également été épargnés par les flammes. Les murs de protection doivent être installés sur la piste 214, celle qui serpente à travers la forêt jusqu’aux plages océanes : sept à huit bulldozers sont réquisitionnés pour l’exécution de ce projet. Depuis le début de l’incendie, 10 000 personnes ont été évacuées dans cette zone très touristique. Le périmètre de sécurité autour de l’incendie a été élargi lundi matin.
Une bande de sable pour arrêter les flammes avant Biscarosse
Sur ce front de La Teste, les flammes sont montées jusqu’à 100 mètres de haut. Pour stopper la progression du feu vers le sud et l’empêcher d’atteindre les Landes et Biskaros, les équipes du Service national des forêts s’emploient depuis vendredi à créer un large banc de sable avec des bulldozers qui affameront les flammes de “carburant”. Ce banc de sable devrait former une barrière entre l’océan et le nord du lac Biskaros.
La situation en Sud Gironde
L’incendie a consumé 9 800 hectares de pins, ont indiqué les autorités lundi matin. Par conséquent, environ 800 hectares supplémentaires ont brûlé pendant la nuit. D’autres communes pourraient être évacuées en journée en fonction de l’évolution des incendies. Au total, 6 000 personnes ont été évacuées dans cette zone.
La circonférence du feu est estimée à 48 kilomètres. Les pompiers s’inquiètent depuis plusieurs jours des fortes chaleurs annoncées pour lundi, conjuguées à une très faible humidité de l’air (10% d’hygrométrie) et des vents allant jusqu’à 60 km/h, qui pourraient empêcher les bombardiers d’eau de décoller. D’autant plus que ce vent tourne. Pour ralentir la progression de l’incendie, ils prévoient notamment d’allumer des feux préventifs ce lundi matin.
Des renforts aux pompiers pour une journée “très difficile”
Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a indiqué que “trois avions supplémentaires, 200 pompiers et 11 poids lourds” seraient déployés à partir de ce dimanche soir. Retours de flammes, feux tactiques, coupes préventives de dizaines d’hectares : pompiers et forestiers multiplient les manœuvres pour tenter de freiner ces incendies et sauver une partie de la forêt des Landes de Gascogne. Douze pompiers ont été légèrement blessés depuis le début des incendies.
Les baies sont une véritable poudrière – Marc Vermeulen, directeur du SDIS 33
“Nous n’avons jamais eu deux incendies de cette ampleur dans le même département, avec une vingtaine d’incendies se produisant à la même heure chaque jour. Notre premier objectif est de ne faire aucune victime, comme c’est le cas en ce moment, puis nous faisons nos actions pour éviter la destruction de bâtiments et enfin on continue à contenir l’incendie”, a expliqué le directeur du département SDIS de Gironde à franceinfo ce lundi matin. “Le fait que nous soyons capables de maîtriser cet incendie passe par des travaux que nous étudions. Il s’agit de faire des coupes rases et de dégager la forêt (…) Au total, 2 400 sapeurs-pompiers girondins se dirigent vers les incendies et dans les casernes et 1 400 sapeurs-pompiers extérieurs sont en renfort », explique Marc Vermeulen. “Je vais engager les six Canadairs et les deux à trois Dash que nous avons. Nous courons vraiment un risque élevé, à la fois extrêmement chaud et parce que le vent changeant nous obligera à réaffecter les ressources sur les deux fronts. Les massifs sont une véritable poudrière et nous avons des incendies qui se déclarent presque tous avec midi glaciaire et nous sommes contraints de reprendre contact, appuyés par des moyens aériens, comme nous le faisons depuis plusieurs jours”.
Gérald Darmanin a été interpellé par plusieurs élus de la région et notamment par Bruno Lafon, maire de Biganos et président de la DFCI (Protection des forêts contre les incendies) de Gironde sur l’absence de Canadair basée à l’aéroport de Bordeaux-Mériniac depuis plusieurs années. Bruno Lafon qui a frappé, en direct sur France Bleu Gironde ce lundi matin : “On a changé d’échelle, il y a 400 000 personnes qui sont arrivées ces 20 dernières années en Gironde et les conditions climatiques ont changé. Nous devons changer le rapport de vitesse et les moyens aériens doivent être revus.”
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