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on vous explique l’origine de la crise

Ce samedi 9 juillet 2022, la crise au Sri Lanka a atteint son paroxysme avec l’annonce de la démission du président Gotabaya Rajapaksa pour le mercredi 13 juillet, alors qu’il devait fuir le palais présidentiel pris d’assaut par des manifestants. Pendant ce temps, le Premier ministre a déclaré qu’il était prêt à démissionner alors que des manifestants mettaient le feu à sa résidence.

Depuis trois mois, le pays est secoué par des affrontements et une grave crise économique. Nous vous expliquons pourquoi.

Une crise économique sans précédent…

Cette île sud-asiatique de 22 millions d’habitants est confrontée à sa pire crise économique depuis son indépendance en 1948, souffrant de pénuries d’essence, d’électricité et d’une inflation record. Les attentats islamistes depuis Pâques 2019, puis la pandémie de Covid-19 ont asséché les réserves de change fournies par les revenus du tourisme et les transferts de la diaspora.

Dans ce contexte, une nuit de violences a éclaté du 31 mars au 1er avril. Des centaines de manifestants tentent de prendre d’assaut la résidence du président Gotabaya Rajapaksa à Colombo, exigeant sa démission. Le 1er avril, des manifestations se sont propagées dans tout le pays et le président a déclaré l’état d’urgence. Un couvre-feu de 36 heures a été imposé le 2 avril, mais des centaines de manifestants l’ont enfreint.

… suivi d’une crise politique

Le gouvernement a démissionné le 3 avril, mais le Premier ministre Mahinda Rajapaksa, le frère aîné du président, a conservé son siège. Le président propose à l’opposition de former un gouvernement d’union nationale, ce qu’elle refuse.

Le 9 avril, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Colombo contre le président à l’appel des réseaux sociaux et des églises anglicane et catholique, rejointes par le patronat. Des milliers de manifestants commencent à camper devant le bureau présidentiel.

Le 18 avril, un nouveau gouvernement est formé. Le président a renvoyé deux de ses frères et un neveu, mais a conservé son frère aîné comme Premier ministre.

Escalade de la violence

Le 19 avril, la police a tué un homme, le premier décès depuis le début des manifestations.

Le 28 avril, puis le 6 mai, des grèves générales paralysent le pays. Le président rétablit l’état d’urgence.

Le 9 mai, après de violents affrontements qui ont fait neuf morts et plus de 225 blessés selon la police, le Premier ministre a démissionné. Un couvre-feu général est en vigueur. Le 10 mai, l’ancien Premier ministre a été exfiltré par l’armée de sa résidence de Colombo, menacé par des manifestants. Alors que l’ONU dénonçait l’escalade de la violence, le ministère de la Défense a émis un “ordre de tirer sur place”.

Le 12 avril, un nouveau Premier ministre, Ranil Wickremesinghe, a été nommé en vue d’un gouvernement d’union.

La crise économique s’aggrave encore

À la mi-mai, le gouvernement a admis qu’il n’était pas en mesure de payer les approvisionnements en pétrole russe. Les pénuries d’essence entraînent de longues files d’attente. En six mois, le prix du diesel a augmenté de 230 %, celui de l’essence de 137 %.

Le 31 mai, le gouvernement annonce de fortes hausses d’impôts et de redevances, et le 3 juin, craignant la famine, lance un appel à l’aide aux Nations unies qui promettent un plan d’urgence.

Le 27 juin, les ventes de carburant sont suspendues pendant deux semaines, sauf pour des secteurs importants comme la santé. L’inflation a atteint 54,6% en juin, un nouveau record.

Dans ce contexte, les manifestations sont toujours plus violentes. Le 18 juin, des militaires ont ouvert le feu pour la première fois pour réprimer la rébellion, ce qui a sans doute contribué à la colère montante qui a conduit le 9 juillet à la prise d’assaut du palais présidentiel et à l’incendie de la résidence du Premier ministre.

Démission du président au Sri Lanka : on vous explique les origines de la criseGRAND chevron_leftchevron_right