Paolo Gentiloni, commissaire à l’économie, le 12 juillet à Bruxelles. FRANCOIS WALSHERTS / AFP
Plus d’inflation. Moins de croissance. Les prévisions économiques d’été de la Commission européenne, publiées jeudi 14 juillet, se sont encore détériorées alors que les prix de l’énergie et de l’alimentation continuaient d’augmenter, pesant sur le pouvoir d’achat et la confiance ; les perturbations de la chaîne d’approvisionnement dues notamment aux confinements drastiques en Chine ; la hausse des taux d’intérêt et la baisse de la performance économique des États-Unis.
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Comme prévu lors de la présentation des prévisions de printemps le 19 mai, la croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’Union européenne devrait atteindre 2,7 % cette année. Cette performance apparente est due à la bonne dynamique du premier trimestre et aux implications d’une forte croissance en 2021. En réalité, la croissance économique sera atone dans les mois à venir, malgré les effets modérateurs de la saison touristique déclinante. .
C’est en 2023 que la situation économique des pays européens devrait souffrir de la guerre en Ukraine et de ses conséquences. Alors que la Commission tablait il y a deux mois sur une croissance économique de 2,3 % pour l’ensemble de l’Union européenne, elle estime désormais que les Vingt-Sept peineront à atteindre la hausse du PIB de 1,5 % en 2023. L’économie française devrait croître de 1 .4% contre 1.3% en Allemagne.
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“De fortes incertitudes”
Quant à l’inflation, elle devrait encore augmenter pour atteindre des sommets sans précédent dans l’histoire de l’union monétaire, avec une prévision de 8,4 % dans la zone euro au troisième trimestre et une moyenne annuelle de 7,6 % en 2022 contre 6,1 % qui était encore prévu en mai. Une lente baisse est attendue l’année prochaine, avec un niveau d’inflation probable de 4% en 2023. “Tous les risques que nous avons identifiés en mai se sont matérialisés à des degrés divers”, a commenté Paolo Gentiloni, le commissaire à l’économie.
La nature extrêmement volatile de l’économie mondiale rend encore plus compliquées les prévisions entreprises par l’exécutif européen qui, par la voix de Paolo Gentiloni, admet que « ces prévisions sont soumises à de fortes incertitudes et à des risques baissiers ». Pour preuve, les chiffres publiés aujourd’hui corrigent le coup des précédentes prévisions, déjà peu réjouissantes, qui dataient du 19 mai. Même une récession menace l’Union européenne en cas d’interruption plus radicale des flux de gaz en provenance de Russie. “Une tempête est possible”, prévient le commissaire européen, alors que le prix du gaz a atteint 173 euros le kilowattheure le 12 juillet, contre 40 euros un an plus tôt.
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