France

Une augmentation du salaire minimum, la fin de l’état d’urgence, une augmentation du tarif de la carte A… Ce qui change à partir du 1er août

Au coeur des vacances d’été, de nombreux changements sont attendus à partir du lundi 1er août. Parmi elles, plusieurs mesures économiques prises pour lutter contre l’inflation, qui a encore augmenté en juillet pour atteindre 6,1% sur un an en France, selon les dernières données de l’INSEE publiées vendredi. Franceinfo liste les actualités que nous attendons à partir de lundi.

L’augmentation du salaire minimum de 2,01%.

En raison de la forte inflation, le salaire minimum (salaire minimum interprofessionnel) augmentera automatiquement le 1er août de 2,01 %. Pour un travail à temps plein, le salaire mensuel minimum passe de 1 302,64 EUR à 1 329,06 EUR net. Le Smic horaire passe de 8,58 € à 8,76 €. Il s’agit de la quatrième augmentation du salaire minimum en moins d’un an, la plus récente datant du 1er mai avec une hausse de 2,65 %.

En plus de sa revalorisation annuelle au 1er janvier, le salaire minimum est automatiquement majoré en cours d’année du taux d’inflation (calculé pour les 20% de ménages les plus bas) s’il dépasse 2% depuis la dernière augmentation.

La hausse des taux d’intérêt sur les livres A

Le taux du livret bancaire A, produit d’épargne le plus répandu en France, a atteint 2 % dès le 1er août, revenant à son plus haut niveau depuis 2012. Il s’agit de la deuxième hausse cette année après le premier doublement du taux d’intérêt le 1er février de 0,5 % – un creux historique – à 1 %.

Le doublement du taux, proposé par le gouverneur de la Banque de France le 14 juillet et immédiatement accepté par le gouvernement, s’explique par la hausse des prix constatée ces derniers mois.

Autre hausse notable : celle du taux du Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux personnes aux revenus modestes (maximum 20 296 € par an pour une personne seule), qui passe de 2,2 % à 4,6 %. Il faut remonter à 1998 pour avoir un taux comparable (4,5%).

Fin de l’urgence sanitaire

Après plus de deux ans de pandémie, l’état d’urgence sanitaire, cadre juridique extraordinaire édicté face à la crise, prend fin le 1er août, suite à l’adoption le 26 juillet du projet de loi par le parlement.

Seules deux mesures restent à l’ordre du jour : la surveillance continue de la pandémie, qui permet de connaître le nombre de cas ou d’hospitalisations, et la possibilité d’imposer un test négatif aux voyageurs qui partent ou reviennent en France ou à l’étranger.

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Les mesures de limitation de la vie quotidienne prévues par les régimes d’urgence, notamment le recours à l’isolement cellulaire ainsi que les couvre-feux, ne peuvent plus être rétablies.

La dissolution du Conseil scientifique, qui laisse place à une commission

Il a accompagné les Français pendant plus de deux ans pour suivre l’évolution de la pandémie de Covid-19. Le Conseil scientifique est dissous à compter du dimanche 31 juillet, correspondant à la date de fin du régime d’urgence sanitaire.

Après fin juillet, une commission de surveillance et de prévision des risques sanitaires devrait prendre le relais. Cette commission, qui ne sera plus présidée par le professeur Jean-François Delfraissy, sera composée d’experts en santé humaine et animale et en environnement.

Cette nouvelle commission sera créée dans les prochains jours, a indiqué mercredi à franceinfo le ministre de la Santé François Brown. Il sera composé de 19 membres, dont certains pourront être issus du Conseil scientifique, apprend-on dans un décret publié dimanche. Cette commission, chargée de surveiller “les risques sanitaires liés aux agents infectieux affectant l’homme et les animaux, les polluants environnementaux et alimentaires et le changement climatique”, va notamment “émettre des recommandations lorsqu’une prévision indique un risque sanitaire”. Dès lors, ses missions iront au-delà du Covid-19 “compte tenu des risques d’émergence d’autres virus”, a souligné François Brown.

Le triplement de la “prime Macron”

Le plafond de la prime de pouvoir d’achat passera de 2 000 € à 6 000 € net pour les entreprises ayant signé un accord d’intéressement ou celles de moins de 50 salariés.

Créé en 2019, dans le contexte de la crise des “gilets jaunes”, ce “Bonus Macron” défiscalisé peut être versé par les employeurs entre le 1er août et le 31 décembre 2023. Dans le secteur privé, la prime peut devenir permanente sous forme de une “prime de partage de la valeur” qui sera exonérée de cotisations sociales.

Prolonger la “réduction sur le carburant”

Il devait se terminer en juillet. La « remise carburant » de 15 centimes le litre hors taxes, appliquée depuis le 1er avril, a été prolongée jusqu’au 31 août par l’Assemblée nationale lors de l’examen du projet de loi de finances.

La mesure, à préciser par décret, passera ensuite de 18 à 30 centimes d’euro en septembre et octobre, puis à 10 centimes en novembre et décembre.

Revalorisation de 3,5% de l’indice des fonctionnaires

Environ 5,7 millions de fonctionnaires recevront également une belle surprise sur leurs fiches de paie du mois d’août. Gelé depuis 2017, l’indice des fonctionnaires augmentera de 3,5% à partir du 1er août, rétroactivement au 1er juillet.

Face à un niveau d’inflation sans précédent, nous avons pris une mesure extraordinaire : la hausse globale de l’indice #ServicePublic de 3,5%.

C’est la plus forte augmentation en 37 ans ! pic.twitter.com/4ihuzzoqM1

– Stanislas Guerini (@StanGuerini) 28 juin 2022

Selon le site service-public.fr, il s’agit de la plus forte augmentation depuis trente-sept ans. Cette augmentation était l’une des mesures du projet de loi extraordinaire sur le pouvoir d’achat, voté en première lecture par l’Assemblée nationale le 22 juillet.

Paiement de l’allocation de rentrée scolaire

L’allocation de rentrée scolaire (ARS) sera également versée fin août, sous réserve de ressources, aux familles ayant au moins un enfant scolarisé âgé de 6 à 18 ans. Cela fait partie des prestations qui doivent augmenter de 4% en vertu de la loi “pouvoir d’achat” pour suivre l’inflation.

Pour la rentrée 2022, le montant est de 376,98 euros pour un enfant de 6 à 10 ans ; 397,78 € pour un enfant de 11 à 14 ans et 411,56 € pour un enfant de 15 à 18 ans.