France

Retard de la loi sur l’immigration : le gouvernement préfère “consulter”

Gérald Darmanin, à la gare de Pithiviers (Loire), lieu de mémoire, à l’occasion de la commémoration du 80e anniversaire de l’arrestation du Vel’ d’Hiv à Paris, le 17 juillet 2022. JEAN-CLAUDE COUTOS POUR LE MONDE

Un petit tour et puis c’est parti. Dix jours après avoir annoncé la mise en place d’un projet de loi accéléré sur l’immigration, Gérald Darmanin doit renoncer au calendrier. “Notre main ne bouge pas”, a-t-il déclaré le 25 juillet sur RTL, évoquant l’introduction à la rentrée en septembre d’une loi visant à lever “toutes les réserves législatives” empêchant l’expulsion des étrangers criminels du territoire. Mais jeudi 4 août, le ministre de l’Intérieur a finalement indiqué dans Le Figaro que la vérification du texte avait été reportée. Il sera remplacé par un « grand débat » organisé sur le sujet au Parlement en octobre, précédé « dès fin août et en septembre » d’une « concertation place Beauvau avec tous les partis, partenaires sociaux, associations et représentants de la société civile ». . Ce n’est qu’après cela, probablement fin 2022 ou début 2023, qu’un projet de loi sera déposé. L’intéressé précise qu’il agit ainsi “à la demande” de la Première ministre Elizabeth Bourne.

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Reformulation hâtive d’un ministre ? C’est ce que certains dans la majorité veulent croire. « Il est parti trop tôt, trop vite ! », note un pilier du parti présidentiel, qui Darmanin « n’a pas compris » que la nouvelle composition de l’Assemblée « risque de le faire perdre sur tous les fronts », alors qu’il risque de se retrouver pris entre la droite et l’extrême droite pour jugent le texte comme « pas assez ferme », laissé « dans le vent » et majorité « brisée ». Ce député renaissance rappelle que c’est justement sur les sujets souverains que Macroni est le plus divisé. Mais ce qui était “gérable” dans la première législature à la majorité absolue le serait, selon cette même source, beaucoup moins à la majorité relative. “Pour Darmanin, c’est un échec”, constate un conseiller du gouvernement, alors que le ministre de l’Intérieur est contraint de revenir sur ce qu’il a lui-même annoncé.

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Pour Elisabeth Borne, face aux ambitions des puissants de son gouvernement, auxquelles la succession de Macron dans cinq ans donne déjà des ailes, ce report est un moyen d’affirmer son pouvoir. L’association SOS-Racisme s’est empressée de lire dans cette annonce une “reformulation” bienvenue de la part du Premier ministre. “Elizabeth Born a laissé son empreinte sur l’agenda du parlement, se réjouit également le président de la commission juridique Sacha Houllier (Renaissance) issu de l’aile gauche de la majorité. Il s’aligne sur les trois priorités des Français : pouvoir d’achat, environnement et sécurité. Ce dernier sujet est plus important que l’immigration. »

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