France

Le véritable ennemi de la langue française

Le déclin catastrophique de la langue française au Québec et au Canada suscite des réactions diverses qui évitent généralement de désigner le véritable coupable de cette anglicisation accélérée : les États-Unis.

De nombreux Canadiens anglais assistent avec satisfaction à la disparition progressive du français au Québec et au Canada et, plus généralement, se réjouissent de tout ce qui fragilise le Québec.

Mais ces gens passent à côté de l’essentiel : le Canada est en train de s’américaniser. L’alarme a été lancée il y a des décennies par des auteurs tels que George Grant dans son best-seller Lament for a Nation.

L’Alberta aussi, ce Texas du Canada, est devenue le foyer du Trumpisme.

Le wokisme qui envahit les institutions canadiennes est un pur produit de l’impérialisme culturel américain.

Le Québec, qui avec sa culture française a longtemps empêché le Canada de s’américaniser pleinement, se rapproche lui-même des États-Unis.

Quelques exemples le montrent bien.

Américanisation du Québec

L’univers musical des jeunes Québécois est beaucoup plus composé de chanteurs américains qu’il ne l’était dans les années 1970 ou 1980.

Les références culturelles des animateurs et chroniqueurs, notamment à la radio, sont majoritairement américaines, dans le sport, la culture ou la politique.

Les livres et articles scientifiques utilisés dans les universités francophones sont majoritairement en anglais.

Les plateformes de diffusion comme Netflix ou Disney Plus proposent des programmes majoritairement culturellement américains et rarement bien doublés en français.

Déclin américain

Pourtant, paradoxalement, la puissance américaine est en déclin.

De plus, jamais les universités francophones n’ont délivré autant de diplômes. D’excellents écrivains étrangers ont adopté le Québec comme leur patrie et écrivent en français. Les influences internationales de tous les continents sont également plus présentes qu’auparavant dans la gastronomie, le sport, la musique, etc.

Mais nous préférons toujours l’anglais.

Politiques favorables à l’anglais

À Montréal et ailleurs, l’immigration massive du Québec noie les jeunes Québécois dans des classes d’étudiants qui parlent peu le français. A tel point que l’enseignement général du français s’apparente plus à celui d’une langue seconde qu’à une langue maternelle.

Le gouvernement du Québec continue de ne parler qu’en anglais aux Québécois qui le demandent.

Les institutions anglophones reçoivent plus d’argent par habitant que les institutions francophones.

Prendre le contrôle

Certains diront à juste titre que la perte de puissance de la France et l’anglophilie de certaines élites françaises donnent un très mauvais exemple au reste du monde.

Ils ont raison.

Cependant, il est possible de reprendre le contrôle de notre langue, malgré les limites de pouvoirs imposées par la constitution canadienne.

A condition de se rendre compte que le danger qui nous guette n’est pas l’anglais en tant que tel, mais l’américanisation culturelle.

A condition que nos élites montrent l’exemple.

A condition de mieux comprendre l’énorme avantage que procure la culture française, entre autres, lorsqu’elle est associée à d’autres cultures internationales.

Malheureusement, nous remplaçons cette culture française, que beaucoup envient, par une culture américaine superficielle et bon marché.