Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, à côté d’un bungalow endommagé au camping La Pinède, à Calvi, le 19 août 2022, au lendemain de violents orages qui ont fait cinq morts et une vingtaine de blessés. EMMANUEL DUNAN / AFP
Après les violents orages qui ont frappé la Corse, faisant au moins cinq morts, c’est Météo-France qui se retrouve au cœur de la tempête. Sur les réseaux sociaux, à la télévision, l’organisation est la cible de critiques et de moqueries, accusée d’être coupable d’un “gros échec” en signalant trop tard. Depuis Calvi (Haute-Corse), le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé, vendredi 19 août, le lancement imminent d’une enquête auprès des services de sécurité civile pour faire le point sur ce qui ne fonctionne pas.
“L’alerte météo ne qualifie pas de nécessaire ces vents absolument exceptionnels qui se sont formés en quelques minutes”, a commenté sèchement M. Darmanin, comme pour rejeter la responsabilité du seul organisme météorologique. Ce que nous voyons dans le MIA, c’est que le signal météo est arrivé quelques minutes avant le pire du temps. Donc à 8h du matin évacuer les campings n’était physiquement pas possible. »
Jeudi 18 août, dans son bulletin de 6 heures, Météo-France plaçait la Corse uniquement en simple alerte jaune (“attention”), comme une bonne partie du territoire. A l’époque, les prévisionnistes ne s’attendaient qu’à “de puissants orages (…) en mer près de la Corse, avec de fortes rafales de vent” qui pourraient “affecter très temporairement les côtes ouest et nord”. L’alerte orange (“soyez très vigilant”) n’a été activée qu’à 8h30, après que la tempête a touché terre avec des tornades. Cependant, entre 8 h 15 et 9 h 15, la tempête a été la plus violente, avec des rafales mesurées à 145 milles à l’heure, des niveaux jamais vus auparavant.
Le dernier en date : la Corse, toujours en alerte orange, connaît un “calme relatif” après une très forte tempête
“Les orages restent les épisodes les plus difficiles à prévoir”
Météo-France s’avoue “surprise” par une situation “exceptionnelle” et “difficilement prévisible” à partir de ses modèles numériques. Certaines simulations produites par Arome, le modèle interne de Météo-France qui tourne sur son supercalculateur à Toulouse, “suggéraient une tempête proche de celle observée”, tandis que d’autres simulations “qui semblaient plus vraisemblablement situées plus au large”, a déclaré le prévisionniste François Gourand lors d’un point presse. “Si nous devions alerter dès qu’un scénario extrême apparaît dans la prévision chiffrée, nous serions trop vigilants et le système deviendrait inutile”, estime son collègue Christophe Morel. suffisamment alerte et de ne pas en faire trop.” Dans le cas de la Corse, il estime qu'”il n’y avait pas assez d’éléments” pour passer en alerte orange.
Il vous reste 59,53% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.
Add Comment