(Lévis) Le Parti du Québec n’accepte pas l’argument voulant que le relèvement des seuils d’immigration comble les pénuries de main-d’œuvre. Paul Saint-Pierre Plamondon confirme que “cette prémisse est fausse et sans fondement” et veut faire fondre les seuils de 50.000 à 35.000.
Publié à 10h50 Mis à jour à 12h22
Fanny Lévesque La Presse
« L’affirmation qu’on entend sans cesse dans les médias selon laquelle le relèvement des seuils permet de combler la pénurie de main-d’œuvre est factuellement fausse et erronée », a déclaré le chef du Parti québécois, Paul Saint-Pierre Plamondon. , lors d’une brève escale chez Levi’s lundi. Le PQ, qui n’a pas encore annoncé son engagement à l’égard des seuils d’immigration, a révélé qu’il les abaisserait considérablement.
La politique de formation réduira le nombre d’immigrants permanents admis annuellement au Québec de 50 000 à 35 000, ce qui exclut les travailleurs temporaires qui relèvent d’Ottawa. Québec solidaire et le Parti libéral du Québec ont promis de les augmenter. QS vise des seuils entre 60 000 et 80 000, et les libéraux promettent un minimum de 70 000 la première année.
Malgré de nombreux appels du milieu des affaires, la Coalition avenir Québec s’engage à maintenir les seuils actuels de 50 000. Seul le Parti conservateur du Québec veut les abaisser, mais n’a pas encore précisé son objectif. Pour juguler la crise du travail, le Conseil du patronat du Québec pousse le gouvernement Legault à relever le seuil annuel d’admission de 90 000 immigrants.
Des décisions prises sur une prémisse “non fondée” ont frappé Paul Saint-Pierre Plamondon. “Ajouter des personnes ne change rien, cela ne résout pas le problème de la pénurie de main-d’œuvre, car ces personnes sont à la fois des travailleurs et des consommateurs, et leur consommation nécessite l’équivalent d’un travail, en leur fournissant un travail individuel”, a-t-il expliqué.
Il dit aussi qu’il faut considérer la capacité d’accueil du Québec alors que la province est frappée par une crise du logement et est frappée par une pénurie de médecins et d’enseignants. PQ précise que ses engagements n’affectent pas l’admission de travailleurs temporaires.
Plus d’immigrants francophones
Le Parti québécois a déjà promis une immigration économique « 100 % francophone » dans sa version du nouveau projet de loi 101 déposé la semaine dernière. Cela aura une incidence sur le programme des travailleurs qualifiés. Ils doivent maîtriser le français selon le niveau déterminé par la catégorie d’emploi. Paul Saint-Pierre Plamondon n’a pas encore décidé s’il se retirera du test de valeurs imposé par le gouvernement sur Lego. En revanche, il peut y avoir un test à l’accueil en français, mais les détails n’ont pas été précisés.
Les frais de scolarité voudraient également limiter l’admission d’étudiants étrangers qui ne parlent pas français à 20 % du nombre d’étudiants non québécois acceptés par les universités, y compris les universités anglophones. Selon Paul St-Pierre Plamondon, le gouvernement fédéral « discrimine » les étudiants étrangers francophones alors que presque toutes leurs demandes sont rejetées. “Cela ne peut être qu’intentionnel”, a-t-il déclaré.
Meilleure régionalisation
La formation, en revanche, estime avoir le “meilleur programme” pour aider les entreprises des régions qui peinent à trouver des travailleurs. Le gouvernement péquiste mettra en place une série d’incitatifs, comme le remboursement des frais de scolarité, pour accroître la régionalisation de l’immigration.
On va donner plus de résultats à ces entreprises que le modèle actuel, qui est un modèle de convergence avec Montréal, qui peut mener à celui de Toronto, la ghettoïsation par ethnicité culturelle
Paul Saint-Pierre Plamondon
“Environ 80% de l’immigration est concentrée à Montréal et nous nous sommes fixé comme objectif qu’au moins 50% de l’immigration soit régionale”, a-t-il ajouté. Il aimerait aussi ramener les Centres d’orientation et de formation des immigrants (COFI) dans toutes les régions du Québec pour favoriser l’intégration.
Le PQ n’est plus le parti des régions, dit QS
Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a attaqué le projet du Parti québécois et l’a plutôt accusé de tourner le dos aux régions. « Quand je marche dans les champs et que je viens de la Gaspésy et du Bas-Saint-Laurent, les gens me disent qu’on veut du monde. Nous voulons que les gens nous aident à résoudre le problème de la pénurie de main-d’œuvre. M. Plamondon propose une réduction drastique de l’immigration au Québec. Le PQ est déconnecté des besoins des régions du Québec», a-t-il dit en marge d’une annonce à Longueuil sur l’accès à la propriété.
M. Nadeau-Dubois a fait valoir qu’il est possible de relever les seuils d’immigration — entre 60 000 et 80 000 immigrants par année — tout en s’intégrant à la société québécoise. « La clé, c’est la francisation en milieu de travail. Quelqu’un qui a un ou deux boulots et qui va suivre un cours de français le mercredi soir, ça ne marchera pas. Il faut mettre l’accent sur le français en milieu de travail, un français facile qui est récompensé. C’est le modèle qui fonctionne et qu’on veut généraliser au Québec », a-t-il dit.
Avec Charles Lecavalier, La Presse
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