Au vu d’un nouveau rapport accablant publié lundi 5 septembre sur l’IHU de Marseille, alors que cet institut scientifique était sous la direction du professeur Didier Raoult, les ministres de la Santé et de la Recherche ont saisi la justice.
Ce rapport administratif définitif “met en lumière des dysfonctionnements graves de l’IHU” et “plusieurs éléments” sont “susceptibles de constituer des crimes ou des violations graves de la réglementation en matière de santé ou de recherche scientifique”, ont indiqué lundi les ministres François Brown et Sylvie Retaillo dans un communiqué commun. Ils précisent avoir arrêté le procureur de Marseille.
Au vu de ce document, les ministres pointent “certaines pratiques médicales et scientifiques inappropriées généralisées” au sein de l’Institut hospitalo-universitaire infectieux méditerranéen (IHU-MI), créé en 2011 et dirigé par le professeur Didier Raoult jusqu’à fin août.
Des pratiques “non conformes à la réglementation et pouvant générer un risque pour la santé des patients, notamment lors de protocoles de recherche”, “des déviations dans les pratiques managériales pouvant générer du harcèlement et une mauvaise estime de soi au travail”, “des dérives dans le management, qui ne respectent pas strictement les règles régissant les fondements de la coopération scientifique », précise le communiqué. Une détérioration progressive de la situation financière de l’institution est également évoquée.
“Molécules administrées en dehors de leur AMM”
Le rapport final de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et de son homologue de l’enseignement supérieur et de la recherche (IGESR) couvre un domaine plus large que le précédent rapport, déjà cinglant, publié il y a quelques mois par l’Agence du médicament (ANSM). Des extraits de son avant-première ont été diffusés début juillet par La Provence et Mediapart. Parmi d’autres pratiques “susceptibles de relever de la qualification pénale”, les inspecteurs de l’IGAS-IGESR ont relevé que des patients traités en IHU pour le Covid-19 ou la tuberculose se voyaient administrer “des molécules en dehors de leur AMM”.
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Les ministres de la santé et de la recherche « réuniront prochainement les responsables des établissements constituants et le directeur de l’IHU-MI » afin de mettre en œuvre « dans les meilleurs délais un plan d’action volontariste, prenant en compte l’ensemble des recommandations formulées par les deux inspections », indique le communiqué. “Le plein respect du plan d’action et de la réglementation en vigueur fera l’objet de contrôles réguliers par les deux ministères et conditionnera la poursuite des activités de l’IHU-MI et de son financement par l’Etat”, préviennent-ils.
Depuis le 1er septembre, l’IHU est dirigé par un nouveau directeur : Pierre-Edouard Fournier, infectiologue de l’établissement qui a soutenu sa thèse sous la direction du professeur Raoul.
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Le monde avec l’AFP
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