Votre salaire pourrait être sur le point d’obtenir une augmentation : Selon la 12e enquête sur les augmentations salariales réalisée par la firme Normandin Beaudry, une augmentation totale de 3,8 % est prévue pour 2023 par les organisations canadiennes. Explications, en cinq points clés.
Posté hier à 6h00.
Stéphanie Bérubé La Presse
Contexte économique : cela explique cela
« Les résultats globaux de ce récent sondage ne sont pas surprenants compte tenu du contexte économique actuel et d’un marché du travail ultra-concurrentiel », a déclaré Anna Potvin, associée et responsable de la pratique de rémunération chez Normandin Beaudry.
En fait, 3,8% est exactement l’augmentation estimée de l’entreprise pour cette année, dépassant même les prévisions initiales.
Rappelons également qu’en juillet dernier, Statistique Canada estimait que la rémunération hebdomadaire moyenne avait augmenté de 2,5 % en un an pour atteindre 1 159 $. Il s’agit d’un léger ralentissement, car en avril, la même augmentation était de 3,2 %.
Bref, les salaires augmentent définitivement.
“La tendance à l’accélération de la croissance des salaires n’est pas surprenante étant donné le marché du travail tendu dans lequel nous nous trouvons actuellement.” [nombre de travailleurs disponibles faible par rapport au nombre de postes à pourvoir dans les entreprises]et aussi parce qu’on évolue depuis plusieurs mois avec une inflation élevée », note Simon Savard, économiste principal à l’Institut du Québec.
Il faut comprendre que les entreprises, dans un contexte où le marché est très étroit, dit-il, doivent répondre aux demandes de leurs employés.
« Ça offre beaucoup d’opportunités pour les travailleurs », explique Simon Savard.
Note : les données publiées jeudi par la firme Normandin Beaudry portent sur les salaires des postes déjà pourvus dans les entreprises et excluent donc les mouvements de main-d’œuvre.
Si vous changez d’emploi et allez dans une autre organisation qui vous offre un meilleur salaire, ce n’est pas une augmentation, mais un nouveau salaire.
Il convient également de noter que ces hausses demeurent bien en deçà du taux d’inflation de 7,6 % en juillet de l’an dernier.
Augmentations des taux d’intérêt variables
Selon Steven Gordon, directeur du département d’économie de l’Université Laval, les augmentations prévues ne sont pas assez généreuses.
“C’est trop modeste”, estime le professeur Gordon, qui estime que les organisations, quelles qu’elles soient, devraient envisager d’augmenter les salaires à des niveaux proches de l’inflation. « En situation de pénurie de main-d’œuvre, je ne comprends pas cette logique, dit-il, surtout dans un contexte où les gens ont déjà perdu beaucoup de leur pouvoir d’achat. devrait être offert [des augmentations] 7% ou 8% juste pour rattraper. Revenons à un pouvoir d’achat comparable à ce qu’il était il y a un an. »
Les estimations font référence aux budgets prévus pour les augmentations salariales et varient selon le type d’organisation.
Un Québec plus généreux
Les employés du Québec risquent de voir leur salaire bondir un peu plus, proportionnellement, alors que la hausse moyenne du budget atteint ici 4,1 % pour 2023.
“La tendance à la hausse se confirme une fois de plus. Les pénuries de main-d’œuvre, les retombées de la guerre en Ukraine et la fragilité des chaînes d’approvisionnement créent une conjoncture parfaite pour de telles augmentations salariales, note Norma Kojaya, économiste en chef du Conseil du patronat du Québec. Dans un marché aussi tendu, les employeurs n’hésitent pas à utiliser la rémunération comme levier pour retenir et attirer les talents. En revanche, leur marge de manœuvre en termes de salaire a des limites. Ce seul leadership ne doit pas nuire à leur croissance et à leur compétitivité à long terme. »
Parmi les organisations qui songent à augmenter les salaires de leurs employés, certaines songent à le faire plus généreusement. C’est particulièrement vrai dans le secteur des technologies de l’information, où les pénuries de personnel font grimper ces moyennes entre 4,2 % et 5,8 %, excluant les gels.
Plus pour les plus petits !
Selon l’enquête publiée jeudi, les petites entreprises réagissent avec plus de souplesse au contexte économique actuel en proposant des augmentations plus importantes, prévues. Les organisations de moins de 50 employés s’attendent à un budget moyen de 4,5 %. Celles de 50 à 99 salariés de 4,1 % et celles de 100 à 199 salariés de 4,0 %, toujours hors gels.
« Les petites organisations ont généralement des salaires de base moins élevés, explique l’économiste Simon Savard. Par conséquent, ils sont obligés d’offrir des augmentations de salaire plus élevées. »
De plus, c’est une situation de conjoncture économique, explique Simon Savar. Les organisations, grandes ou petites, n’offriront pas d’augmentations salariales de cette ampleur avant très longtemps, dit l’économiste.
Moins de risques de gelures
Seulement 1 % des entreprises ont gelé les salaires de leurs employés cette année ou prévoient de le faire en 2023.
C’est une énorme différence par rapport à il y a deux ans, lorsque l’incertitude de la pandémie a poussé 10 % des entreprises à geler les salaires. La norme avant la pandémie était d’environ 3 % à 5 %.
Le sondage Normandin Beaudry a été réalisé cet été auprès de 750 organisations représentant 1,8 million d’employés à travers le Canada.
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