Pendant près d’une heure, la victime a été battue à quelques mètres par la police, qui n’a pas pu intervenir. Lorsque les agents ont finalement reçu l’autorisation d’entrer dans l’ambassade du Qatar à Paris lundi à 7h28, il était trop tard. La victime, un agent de sécurité qui se trouvait dans le complexe consulaire, est décédée malgré l’intervention des pompiers.
Le suspect, un homme de 38 ans, a été interpellé deux minutes plus tard et placé en garde à vue avant d’être admis au service psychiatrique de la préfecture de police. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour meurtre avec préméditation, confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire.
Qu’est-il arrivé ?
Selon nos informations, une femme de ménage de l’ambassade a fait signe tôt le matin. Vers 6 h 20, alors qu’elle quittait le sous-sol, elle a vu deux hommes se disputer. L’un d’eux attrape alors un presse-papier et s’en sert pour frapper l’autre, un agent de sécurité qui travaille à l’ambassade. Son agresseur a alors commencé à le frapper au visage avant de l’étrangler. Une équipe de police rapide s’est rendue sur place, avenue de Friedland, dans le 8e arrondissement de Paris.
La police est arrivée sur les lieux et a vu cet homme au physique solide, au crâne rasé, vêtu d’un polo à rayures blanches, taché de sang. Il continue de frapper sa victime en criant en arabe et en pointant le ciel. Les fonctionnaires qui ne peuvent pas intervenir lui demandent simplement d’arrêter. Sans succès.
Pourquoi la police n’a-t-elle pas pu agir ?
L’ambassade est considérée comme un territoire étranger. A ce titre, la police ne peut intervenir sans l’autorisation écrite de l’ambassadeur ou de son représentant. Vers 6 h 45, un agent consulaire s’est présenté au personnel après avoir donné le signal numéro 2 à l’ambassade. Il arrive cinq minutes plus tard. Alors que le suspect poursuit sa victime, la police demande au diplomate de faire une demande écrite. Ce qui se fera vers 7 h 05. Ensuite, ce document devra être envoyé à la salle de commandement de la préfecture de police. Mais selon une source policière, la remise du document a été “compliquée”. Finalement, ils ont été autorisés à intervenir à 7h28.
Qui est le suspect ?
Pendant près d’une heure, le suspect a battu sa victime devant les policiers, qu’il a menacés. “Si vous revenez, vous n’en sortirez pas vivants”, leur a-t-il dit. Il a également dit qu’il agissait pour se venger [ses] frères », sans préciser ce qu’il voulait dire. À l’intérieur de l’ambassade, il fait des allers-retours, criant au personnel qu’ils n’ont pas le droit de revenir, criant à plusieurs reprises “Allahu Akbar”. Lorsque la police a finalement reçu l’autorisation de revenir, il s’est allongé face contre terre et a été menotté. Il s’est alors “vanté fièrement de la mort de la victime”, a indiqué une source policière.
Dans les poches de cet homme, qui tient des propos insensés, la police trouve un téléphone et une carte d’identité. Il porte le nom d’Ilies S., un homme né en mars 1984 à Elbeuf, en Seine-Maritime. Le suspect a été testé positif à la cocaïne. Il a été placé en garde à vue et examiné par un médecin. Il a finalement été admis au service psychiatrique du département de police en raison de son état de santé.
Add Comment