Il n’a pas dépassé son record de 2017, mais l’abstinence a atteint un niveau élevé lors du second tour des élections législatives, dimanche 19 juin. Plus de la moitié des électeurs (53,77%) ne se sont pas rendus aux urnes. Mais qui s’est abstenu ? Âge, revenus, appartenance politique… Franceinfo dresse en trois graphiques le profil sociologique de cet électorat, qui n’a pas atteint les urnes.
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Chez les 18-24 ans, sept électeurs sur 10 ont évité les urnes
Comme au premier tour, l’abstinence a d’abord touché les jeunes de manière disproportionnée, selon Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et les chaînes parlementaires.
Au lendemain du premier tour, le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a appelé France 2 à mobiliser les jeunes, les exhortant à “s’impliquer”[er] un peu de leurs affaires. »De toute évidence, il n’y a pas eu un grand bond dans la participation de ce groupe d’âge.
Dimanche, 71% des 18-24 ans et 66% des 25-34 ans n’ont pas voté, contre 69% sept jours plus tôt. “La jeune génération en a un peu marre des élections et de la démocratie”, a déclaré Olivier Galand, sociologue et directeur de recherche honoraire au CNRS, à franceinfo. avis sur les réseaux sociaux”.
Entre le premier et le second tour, l’abstinence a augmenté dans toutes les tranches d’âge, à l’exception des 25-34 ans, qui ont connu une baisse des abstentions : 66 % des électeurs de cette tranche d’âge se sont abstenus au second tour, contre 71 % au premier. tour.
Plus les électeurs sont jeunes, plus ils s’abstiennent. Seuls les plus de 60 ans s’abstiennent de moins de 50 %. “C’est la génération des baby-boomers qui vote le plus, notamment parce qu’ils croient encore à la politique”, explique Vincent Tiberge, chercheur en sociologie électorale à Sciences Po Bordeaux.
Les deux tiers des ouvriers se sont abstenus
L’abstinence est une question d’âge, mais aussi de diplômes et de revenus. Les électeurs les moins qualifiés sont ceux qui se sont le plus abstenus au second tour : 58 % des bacheliers n’ont pas voté, contre 54 % des bacheliers + 2 et 51 % des bacheliers + 3 ou plus.
Ces différences se retrouvent également si l’on compare la participation selon le revenu. Plus le niveau de vie des électeurs est élevé, plus le taux d’abstention est faible.
Ainsi, les professions les moins qualifiées sont celles qui ont déménagé au moins le dimanche. L’abstinence atteint 67 % chez les ouvriers et 64 % chez les employés, contre 59 % chez les professions à moyen terme et 54 % chez les cadres. L’abstention entre les deux tours de scrutin s’est accrue, notamment chez les ouvriers, s’inscrivant au second tour en hausse de cinq points par rapport au premier tour.
Plus de la moitié des électeurs de Marin Le Pen et Jean-Luc Melanchon n’ont pas bougé
Les différents courants politiques ne sont pas exposés de la même manière. Selon le même sondage, les électeurs d’extrême droite et de gauche radicale évitent davantage les urnes. Ainsi, les abstentions ont dépassé les 50 % parmi ceux qui ont voté pour Eric Zemour, Marin Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle.
Le déchaînement de participation, que Jean-Luc Mélenchon appelait pour le second tour, ne s’est pas reproduit, les abstentions de ses partisans augmentant. A l’inverse, moins de 40% des électeurs d’Emmanuel Macron et de Valérie Pecres ont évité les urnes, en léger recul par rapport au premier tour.
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