France

Les eurodéputés s’accordent enfin sur la réforme du marché du carbone

Deux semaines après avoir rejeté, à la surprise générale, les textes clés du plan climat de l’UE, le Parlement européen a adopté la deuxième version des textes du paquet climat, mercredi 22 juin. Il a adopté par 479 voix (103 contre, 48 abstentions) un compromis prévoyant l’élargissement du marché du carbone et la suppression progressive des quotas d’émission gratuits alloués aux entreprises entre 2027 et 2032, avec l’entrée en vigueur de la taxe carbone aux frontières de l’UE sur les importations. de pays tiers. Ce vote ouvre la voie à des négociations entre les eurodéputés et les États membres.

A Strasbourg, le 8 juin, les eurodéputés ne sont pas parvenus à s’accorder sur un calendrier pour la suppression des quotas gratuits pour les industriels, pilier de la stratégie bruxelloise visant à réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre de l’Union d’ici 2030 par rapport à 1990.

Deux autres textes ont été rejetés dans la foulée (taxe carbone, fonds social climat). Un nouveau compromis, âprement renégocié entre les groupes politiques de la commission, a été présenté à tous les eurodéputés réunis à Bruxelles pour fixer leur position avant les pourparlers avec les Etats.

“Nous avons trouvé une solution en moins d’une semaine”, a déclaré Pascal Canfin (Renew Europe), président de la commission de l’environnement, convaincu que ce nouvel accord “équilibré” recevra un “vote stable et large”. Les ministres des Vingt-sept, eux, tenteront de se mettre d’accord sur une position commune fin juin.

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Réduction progressive des quotas gratuits

Actuellement, le marché européen du carbone, où s’échangent depuis 2005 des « permis de polluer », créés en nombre limité et destinés à être achetés par les producteurs d’électricité et les industries énergivores (sidérurgie, cimenterie, etc.), ne couvre que 40 % des émissions des les vingt-sept. Les députés approuvent généralement son extension au secteur maritime, à l’aviation, aux poids lourds et aux immeubles de bureaux.

Mais jusqu’à présent, la plupart des industriels reçoivent des “quotas gratuits” afin de ne pas les désavantager vis-à-vis des importations en provenance des pays tiers. Cependant, Bruxelles envisage la suppression des quotas gratuits, car les importations des secteurs polluants (acier, aluminium, ciment, engrais, électricité) seront taxées aux frontières de l’UE sur la base du prix du CO₂ européen.

Le 8 juin, l’impasse était liée au calendrier : le Parti populaire européen (PPE, centre-droit, première force au parlement) souhaitait maintenir des quotas gratuits dans l’UE jusqu’en 2034 (la Commission propose 2035), notamment en retenant la taxe aux frontières. . La ligne rouge pour les Verts et les S&D (sociaux-démocrates). S&D et Renew Europe (centristes et libéraux) ont soutenu sans succès le déclin progressif entre 2026 et 2032.

La nouvelle version, issue d’un accord entre PPE, S&D et Renew Europe, envisage enfin une réduction progressive des quotas gratuits à partir de 2027 jusqu’à leur disparition en 2032, en échange d’une progressivité croissante pour respecter le PPE : de cette façon, ils recevront toujours 50% allocations gratuites en 2030.

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Le monde avec l’AFP