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A Flame in Winter, un jeu narratif qui tente d’être différent

Avec Twin Mirror l’an dernier, les Français de DONTNOD Entertainment ont affiché leur volonté d’éditer eux-mêmes des jeux. Ainsi, ils se sont associés à PortaPlay, un studio danois à qui l’on doit déjà le jeu Broken Lines en 2020. Le résultat est Gerda : A Flame in Winter, qui doit sortir le 1er septembre sur Nintendo Switch et PC.

Images et une copie du jeu avec l’aimable autorisation de DONTNOD / PortaPlay

La Seconde Guerre mondiale a été le berceau de nombreux jeux vidéo, notamment des jeux d’action, où le but est souvent de faire des trous dans la peau de vilains nazis. Cependant, ce n’est pas la démarche de PortaPlay, puisque dans leur pièce narrative l’histoire se déroule au Danemark, dans la petite ville de Tinglev en février 1945. Le contexte est posé, avec l’occupation de l’armée allemande et les conditions de vie des habitants.

Gerda : A Flame in Winter est décidément très narratif, et même s’il nécessite parfois des aspects de jeux d’aventure, avec des déplacements de personnages et des points d’inspection intéressants, mieux vaut ne pas être réfractaire à la lecture. On y trouve de nombreux dialogues avec d’autres personnages, ainsi que des entrées dans le journal intime de Gerda, la jeune infirmière que l’on a réussi à personnifier en quelques heures, le temps de jeter un coup d’œil au début du jeu. Il est possible de lire chaque événement, qu’il s’agisse des héros, de nos rencontres ou même de ce qui se passe pendant les mois de guerre.

On découvre rapidement les origines semi-danoises et semi-germaniques de la jeune femme, ainsi que de son père, qui semble plutôt du côté des Allemands, espérant regagner les terres perdues lors des guerres successives. Un beau climat d’insécurité dans lequel elle vit avec son mari. Ainsi apprend-on à connaître les quelques héros vivant sous l’occupation à travers les dialogues et les descriptions que l’on peut trouver dans le journal. Par conséquent, l’histoire est structurée avec un grand nombre de textes et de notes écrits par Gerda, ce qui apporte une vision supplémentaire et agréable de l’histoire.

Il est assez difficile de juger de la qualité de l’histoire de Gerda : A Flame in Winter, car nous n’avons eu accès qu’aux deux premières heures du jeu. En tout cas, cela suffit pour savoir que le panel de personnages qu’il nous faut trouver est engageant et nous renseigne rapidement sur les problèmes qui les entourent. Peu à peu tout va bien et le déclic, avec l’arrestation de son mari de la Gestapo, nous donne une idée de tout ce que l’aventure a à offrir.

C’est un peu moins le cas du point de vue de l’impact de nos choix et de nos actions. Le jeu se concentre sur les dialogues et les choix qui s’y déroulent, comme les réponses de Gerda. Selon les personnes présentes devant nous, cela peut renforcer trois traits de caractère : la compassion, la perspicacité et l’intelligence. Ces points peuvent être consommés plus tard afin que vous ayez accès à des choix plus clairs, ce qui en théorie affecte le cours de l’histoire.

Malheureusement, même après quelques reproductions, il semble que les différents choix n’aient pas un grand impact sur l’histoire principale. Au mieux, cela augmente ou diminue la confiance d’un personnage ou d’une faction, ce qui changera plusieurs lignes de dialogue ou de situation, mais pendant les deux heures de la version démo, cela ne change pas notre progression principale. Cela devra être jugé dans la version finale du jeu, même s’il convient de noter que certaines ressources et objets limités à collecter, tels que des rations ou des médicaments, peuvent modifier le cours d’une conversation ou d’un événement.

Par conséquent, nous pouvons façonner certaines parties de notre histoire d’une manière ou d’une autre en cultivant ou non nos relations avec les personnages. Devenir une résistance danoise ou s’incliner devant l’occupation ? En tout cas, ce sont des opportunités que le jeu offre, mais les conséquences ne sont pas particulièrement importantes pour le moment. D’autant plus qu’une grande partie de la chance détermine l’issue des dialogues, certains choix étant déterminés par le lancer de dés, qui peut réussir ou échouer.

Un peu déformé et un système plus que frustrant, d’autant plus qu’il s’agit souvent de réponses ou d’actions intéressantes, avec des conséquences qu’on aimerait explorer. Cela laisse trop de place au hasard, pour un jeu qui veut privilégier l’implication du joueur.

D’un point de vue visuel c’est assez réussi. Il y a des imperfections, notamment dans les animations qui manquent encore de naturel, mais la froideur des couleurs utilisées s’intègre bien aux mots et au contexte dans lequel on essaie de s’immerger. La musique nous accompagne discrètement alors que nous traversons des paysages enneigés et un peu sombres, avec une direction artistique qui ressemble parfois à un tableau ancien.

C’est pourquoi nous sortons de la démo de Gerda : Flamme en hiver avec des avis mitigés, même s’il faut rester conciliant et dire qu’il est difficile de juger le tout uniquement dans les deux premières heures. PortaPlay a quelque chose à nous dire et même si le format n’est pas très convaincant, le background reste plus qu’intéressant et reste un jeu à surveiller.

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