France

à Hénin-Beaumont Marin Le Pen s’envoie Macron et Melanchon l’un à l’autre

Lors de l’allocution de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) dimanche 5 juin, il y avait un message à peine inconscient en italique sur son bureau. Le Rassemblement national (RN) est “l’unique opposition de Macron”, peut-on lire, en supposant que l’enjeu des législatives des 12 et 19 juin pour le parti d’extrême droite est de dépasser Jean-Luc Melanchon, le premier opposant autoproclamé de le chef de l’Etat qui entend toujours être “élu Premier ministre” si la Nouvelle Union populaire environnementale et sociale (Nupes) remporte les suffrages.

Le message s’est éclairci lorsque Mme Le Pen a pris la parole, voyant en la chef de file de La France insoumise (LFI) un “vieux sénateur socialiste” qui “veut être élu sans être candidat”, comme dans les régimes. Elle a également condamné “le complaisance de La France insoumise, voire sa complicité avec Emmanuel Macron, qu’elle a aidé à réélire” – en ne s’exprimant pas contre lui aux deux tours de l’élection présidentielle. Coupable à ses yeux de “se réconcilier avec les islamistes”, a-t-elle déclaré. personne « ne pourrait souhaiter une telle coalition du mal pour son pays ».

“Grève de masse”

L’ancien candidat de l’Elysée a tourné le dos à MM. Macron et Mélenchon : « L’un protège les prédateurs d’en haut, l’autre des prédateurs d’en bas ; l’un est basé sur [le cabinet de conseil] McKinsey, l’autre dans l’immobilier. “Elle a commencé son discours en s’adressant au chef de l’Etat, instigateur à ses yeux d’un système qui ne colle pas aux résultats, mais à la peur entretenue.” Elle a condamné le “prix du pétrole” comme une “grève de masse” en raison de la “crise énergétique” [que M. Macron] provoqué avec des sanctions mal calibrées contre la Russie. » Elle a appelé à la “honte” du système de vote législatif, qui ne comprend pas de part proportionnelle, qui, selon les organisateurs, permet une meilleure représentation de l’opinion du pays.

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Le chef du RN a également attaqué le ministre de l’Éducation Pap Ndiaye, cible d’extrême droite de sa nomination, le qualifiant de “ministre indigène et même de raciste” et a laissé la foule siffler à cette mention.

Avec ses mots forts, Mme Le Pen a tenté de mobiliser ses troupes. A une semaine du premier tour des législatives, la finaliste à la présidentielle, emmenée par son parti en la personne de Steve Briois, a tenu son premier meeting électoral après s’être rendue dans sept départements pour soutenir des candidats.

Celui qui a recueilli 41,5% des suffrages au second tour de l’élection présidentielle semble avoir pris la victoire du camp de Macron pour acquise. Le 10 mai, elle a surpris ses followers sur TF1 en avouant qu’elle avait perdu d’avance en raison du “fait majoritaire” de la Ve République. Le responsable d’extrême droite a même refusé dans un premier temps de chiffrer le nombre d’élus possibles. En 2017, le RN n’a reçu que huit députés, même si Mme Le Pen a recueilli près de 34 % des voix au second tour de l’élection présidentielle. Le RN redoute plus que d’autres formations l’abstinence de ses partisans, la classe ouvrière et les jeunes, qui lui a coûté cher au niveau régional.

Dauphin

Depuis, Mme Le Pen a revu ses ambitions. Elle donne lieu à la possibilité d’obtenir un groupe, c’est-à-dire au moins quinze députés, voire soixante, ce qui permet de saisir le Conseil constitutionnel. Sinon, “ce serait un déni démocratique”, a-t-elle déclaré. Le député sortant compte même gagner environ 150 circonscriptions dans lesquelles le RN a remporté la présidentielle, tandis que le président par intérim du RN Jordan Bardella espère prendre la tête dès le premier tour.

A priori, Mme Le Pen ne sera pas candidate à la présidentielle de 2027 et présente M. Bardella comme son dauphin. Ils ont déjà divisé la province : le nord pour elle, le sud pour elle. Dans un message vidéo commun diffusé dimanche, ils ont appelé à “voter”, citant les thèmes phares du parti : “le contrôle de l’immigration, qui nous ruine et fait qu’on ne reconnaît plus nos quartiers”, et “protéger” le consumérisme. nationalité en un privilège ».

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Samedi à Cavaillon (Vaucluse), M. Bardella a appelé les “patriotes” à ne pas “étaler leurs votes”, alors que dans cette forteresse d’extrême droite, les partisans de Mme Le Pen et d’Eric Zemmour – dont elle a refusé le projet d’union – mènent des affrontements fratricides. .

Madame Le Pen, elle, a traversé majoritairement les Hauts-de-France, la terre qu’elle a choisie. Sa réélection dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais semble tellement “sans pari” qu’elle ne débattra pas avec ses adversaires pour France 3. Le RN rêve aussi de décrocher la première place en Gironde, près de Blair, et espère aussi des élus. fonctionnaires de l’Oise et de l’Ena. “Nous avons toujours eu de très bons résultats, mais cela n’a jamais affecté les députés. Cela doit changer », a déclaré Mme Le Pen.

Le monde avec l’AFP