France

a lancé une enquête suite à de “graves dysfonctionnements” signalés par le gouvernement

Une enquête a été ouverte à Nanterre après que le gouvernement a annoncé le groupe privé Orpea, un gestionnaire d’Ehpad, soupçonné de détournement institutionnel et de détournement de fonds publics, rapporte jeudi l’AFP. Le signalement a été transmis au parquet le 28 mars après qu’une enquête administrative diligentée par l’Etat a révélé de “graves dysfonctionnements” dans la gestion des places pour personnes âgées dépendantes (Expad).

L’information judiciaire, confiée à la gendarmerie par la section de recherches de Versailles, s’est conjuguée à des investigations, en cours depuis février, pour “faux et usage de falsification et violation de la législation du travail en abusant des contrats à durée déterminée”, ont indiqué les procureurs.

Entre 70 et 80 plaintes

L’enquête porte également sur un grand nombre de plaintes déposées par l’avocat auprès de l’avocate parisienne Sarah Saldman début avril 2022, et les autres plaintes sont toujours en cours d’instruction. Me Saldman a indiqué avoir déposé entre 70 et 80 plaintes auprès du parquet pour “mise en danger d’autrui”, “homicide involontaire”, “non-assistance à personne en danger”, “violences imprudentes” et “vol”. Pour ces dossiers, qui révèlent des faits à l’échelle du pays, les investigations sont “confiées à la direction générale de la gendarmerie nationale”, selon les procureurs.

“Je suis contente d’ouvrir une enquête, mais j’attends de voir ce qu’il adviendra des autres dossiers”, a déclaré à l’AFP Sarah Saldman. Le 26 mars, le gouvernement a annoncé qu’il engageait une action en justice sur la base des conclusions de ce rapport et qu’il entendait demander à Orpea de rembourser les subventions publiques prétendument détournées de leurs objectifs.

“Priorité aux résultats financiers”

Le groupe Orpea, dont le siège est à Puteaux (Hauts-de-Seine), fait l’objet de critiques depuis la publication fin janvier du livre d’investigation de Victor Castane, Les Fossoyeurs. Il décrit un système au sein du groupe privé dans lequel les soins d’hygiène, les soins médicaux, voire la nutrition des résidents sont « rationnés » pour améliorer la rentabilité de l’entreprise. Et ce, alors que le séjour est facturé plein tarif, précise Victor Castane.

Selon l’enquête administrative, la « direction » des établissements du groupe Orpea, souvent surpeuplés, « privilégie les résultats financiers » aux critères de qualité. Ces rapports des inspecteurs de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et de l’Inspection générale des finances (IGF), finalement rendus publics par le gouvernement, relèvent notamment l’insuffisance des “poids” des repas servis aux personnes âgées. Au niveau comptable, “les documents financiers obligatoires soumis à la tutelle d’Expad sont malhonnêtes” et ne respectent pas la réglementation, selon des informations. Lié à l’AFP, Orpea n’a pas encore réagi.

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