Sur une feuille A4 collée à l’entrée de la piscine de Meudon, dans les Hauts-de-Seine, le visiteur peut lire la mention “fermée” écrite en majuscules. “C’est la crise de l’énergie…”, lit à voix haute Gabriel, surpris, ce lundi 5 septembre. Si l’augmentation affecte le prix d’entrée, ce dernier sera multiplié par trois. Ah, ça y est !
C’est l’une des conséquences concrètes de la guerre en Ukraine : l’explosion des prix de l’énergie. Le groupe Vert-Marine, qui gère environ 80 piscines en France sous délégation de service public, a annoncé ce week-end dans un communiqué surprise qu’il fermait une trentaine de ses piscines en France. L’entreprise normande explique que le prix du mégawattheure a été multiplié par 10 depuis janvier et que les maintenir ouverts signifierait un prix d’entrée plus élevé pour des utilisateurs comme Gabriel.
Ce dessinateur vient nager une heure et demie chaque semaine pour soulager son épaule. “25 longueurs me font très bien : je suis très déçu de ne pas pouvoir m’entraîner”, soupire-t-il. Et je pense qu’il y a beaucoup de gens comme moi.
Probablement : la piscine accueille en moyenne dix mille personnes par mois, tous publics confondus. Parmi eux Alice, une étudiante. “C’est assez fou de penser qu’on ferme des lieux publics, fulmine-t-elle. Et cet hiver, les besoins énergétiques vont augmenter…”
“Nous ne savons pas jusqu’où cela ira si nous fermons les piscines maintenant… C’est un peu effrayant…”
Alice, étudiante
chez franceinfo
“Nous sommes aussi très tristes car nous nous retrouvons tous seuls”, raconte Damien Texier, directeur technique de la piscine de Meudon, qui compte une quinzaine de salariés. Nous étions heureux d’être de retour à l’école et d’accueillir les élèves. , clubs de plongée, etc.” “On est sur un boulot de courte durée et on ne sait pas quand ça va durer, poursuit Damien Texier. Ça affecte le moral : soit ils réussissent avec les collectivités, la mairie et l’Etat, à se remplir les poches aussi… Parce que les piscines, on le sait, sont catastrophiques. Il en faut beaucoup pour chauffer les piscines, pour l’eau chaude, l’électricité, tout ça.
“Nous n’avons pas les moyens : nous ne pourrons pas combler le déficit de ce prestataire”, répond Francine Lucchini, adjointe au maire en charge des sports à Medon, encore ébranlée par la nouvelle. Nous l’avons compris du jour au lendemain : nous sommes sous contrat jusqu’en 2025 avec Vert Marine. La question de l’annulation de ce contrat avant la fin est entre les mains de nos avocats. Nous nous défendrons bec et ongles pour notre population.”
Quant à la reprise de la gestion de la piscine par la municipalité, elle n’est pas à l’ordre du jour pour le moment.
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