France

A moins d’une semaine du premier tour, l’inquiétude des macronistes monte

La Première ministre Elizabeth Bourne fait campagne avec la candidate Renaissance dans la 9e circonscription de l’Essonne, Marie Gevenou, dans la Drave, le 2 juin 2022. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Comme l’ombre d’un doute. Au lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron fin avril, ses lieutenants ont vu l’élection législative comme une formalité. A l’époque, les stratèges de La République en marche (LRM) ne s’appuyaient que sur deux scénarios : « rêveur », dans lequel la LRM n’aurait qu’une majorité absolue (définie à 289 députés), ce qui permettrait à l’exécutif d’avoir confiance que ses textes voteraient les yeux fermés ; et « catastrophique », où il n’y aura qu’une majorité relative et sera donc contraint de s’appuyer sur le renforcement de ses alliés MoDem et Horizons. Au risque de devoir faire des concessions aux élus des partis de François Bayrou et d’Edouard Philippe.

Un mois et demi plus tard, à l’approche des élections des 12 et 19 juin, le paysage s’assombrit. A cinq jours du premier tour, les troupes d’Emmanuel Macron restent confiantes mais incertaines d’obtenir la majorité absolue. Avec le recul progressif enregistré par le camp présidentiel dans les sondages, les lieutenants du chef de l’Etat ont sérieusement revu à la baisse leurs ambitions, craignant désormais une majorité étriquée… Voire une défaite impensable il y a quelques semaines, mais désormais jugée “impossible” par le Élysée.

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Si le ministre des Relations parlementaires Olivier Veran a évoqué la possibilité que la future assemblée “ne soit pas conforme au programme pour lequel le président a été élu”, le député en chef du MoDEM Patrick Mignola a lui-même admis qu’il avait “peur d’un incident électoral” car le jeu s’annonce plus compliqué qu’en 2017. Au moment de son arrivée au pouvoir, le président de la république disposait d’une large majorité, avec 313 députés LRM et 47 députés MoDem. Aujourd’hui, l’offensive menée par Jean-Luc Mélenchon à la tête de la Nouvelle Union populaire, environnementale et sociale (Nupes) pour faire coexister M. Macron a changé la donne.

“Ils ou nous”

Cette nouvelle formation, réunissant La France insoumise, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti communiste et le Parti socialiste, s’est imposée comme un opposant majeur du camp présidentiel. Les résultats du premier tour des législatives chez les Français de l’étranger, annoncés dimanche 6 juin, illustrent ce face à face. Si les candidats macronistes arrivaient en majorité, à l’exception de Manuel Valls, l’alliance de gauche ferait une percée en se qualifiant pour le second tour dans dix des onze circonscriptions. C’est le double par rapport à 2017… De quoi provoquer un vent de méfiance, voire d’inquiétude dans les rangs des macronistes.

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