France

A quoi ressemble ce projet de loi santé « amputé », qui a secoué l’Assemblée nationale hier soir ?

Séance chaotique, texte abrégé : ce mardi, l’Assemblée nationale a donné son premier feu vert au projet de loi “surveillance et sécurité sanitaires”, censé répondre à la pandémie de Covid-19. Petit bémol, le texte a été amputé d’un article clé sur l’éventuel retour du pass sanitaire pour les déplacements « extra-hexagonaux ». Alors on commence par le « oui, mais… » du Palais-Bourbon. Afin de bien comprendre cette loi “en projet”, qui met en lumière la difficulté du gouvernement à s’imposer avec une majorité relative, 20 minutes fait le point.

Quelle est la facture de santé?

Ce projet de loi est destiné à prendre le relais de l’état d’urgence, qui expire le 31 juillet. Pour rappel, l’état d’urgence sanitaire habilite le Premier ministre (c’est-à-dire Elizabeth Bourne) à prendre diverses mesures par décret, comme restreindre la liberté de mouvement ou de réunion. Pour en nommer quelques uns. Ce projet de loi santé contient donc deux mesures principales. Tout d’abord, le maintien du système informatique centralisant les résultats du dépistage jusqu’en mars 2023. Mais aussi, la création d’un laissez-passer sanitaire aux frontières et pour les déplacements entre la France métropolitaine et les DOM, à partir du 1er août.

Que dit l’article 2 qui est « amputé » ?

Alors que l’examen du projet de loi “surveillance et sécurité sanitaire” a débuté lundi à l’assemblée, l’article 2 du projet de loi en question a été rejeté dans la nuit de mardi à mercredi. Cet article 2 prévoyait la possibilité, le cas échéant, de rétablir le laissez-passer sanitaire pour les déplacements « extra-hexagonaux » à destination ou en provenance de l’étranger. Une disposition permettant d’exiger ce laissez-passer pour les passagers mineurs avait été rejetée peu auparavant.

➡️ L’Assemblée nationale rejette un article clé du projet de loi santé

🔴🗣️ “C’est le choix d’un parti politique contre l’intérêt commun. Il y a un rapprochement des oppositions qui se fait sur le dos de la protection de la santé des Français’ : @oliviagregoire| @EliMartichoux. pic.twitter.com/HPA0NiIpbC

— LCI (@LCI) 13 juillet 2022

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Mais 219 voix contre 195 se sont prononcées contre lui, grâce à une combinaison des voix du RN, de LR et de la majorité du syndicat de gauche réuni sous Nupes. Dès mardi donc, le texte a été essentiellement réduit à son article 1, qui permet, en raison de la situation épidémique encore fragile, de poursuivre la collecte des données de santé pour les tests de dépistage (dispositif SI-DEP).

Quelle suite donner après ce non ?

Au-delà du projet de loi sur la santé, ce premier texte législatif témoigne de la difficulté à manœuvrer le gouvernement et la majorité relative dont il dispose. Dans l’opposition, les votes répétés des députés et des amendements ont montré une hostilité déterminée du RN et de la plupart des groupes de gauche (LFI, communistes, écologistes). Ainsi, le nouveau ministre de la Santé, François Brun, a conclu succinctement “de prendre acte” des discussions, interrompues par de nombreuses tractations et interruptions de séance. Cependant, il a assuré qu’il travaillera à restituer ce texte dans son intégralité pendant la suite du processus législatif.

Un avis partagé par Olivier Véran, qui s’est aussi dit “confiant”, ce mercredi matin, sur la possibilité de rétablir le projet de loi santé au Sénat. “Nous sommes confiants de pouvoir convaincre les sénateurs qui sont déjà convaincus de l’intérêt d’une telle mesure”, a confirmé le porte-parole du gouvernement à l’issue du Conseil des ministres.

La balle est désormais dans le camp du Sénat. Philip Bass, rapporteur LR du texte au Sénat, a indiqué qu’il “recherchait une solution pour maintenir un instrument pour faire face à ce problème précis et spécifique des déplacements internationaux depuis les pays où une variante dangereuse du Covid a émergé”. Les territoires d’outre-mer sont également concernés, au risque d’une saturation rapide de leurs structures de santé. “Il y a une voie possible”, a-t-il dit, évoquant “un député plus strict” qui pourrait lever “l’inquiétude” qui s’est fait jour à l’Assemblée nationale.

Le projet de loi sera examiné mardi prochain par les sénateurs en commission avant d’arriver le lendemain dans l’hémicycle du Palais du Luxembourg.