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À Trois-Rivières, des sans-abri évincés d’églises abandonnées

Depuis plusieurs années, l’accès à ces immeubles est ouvert à une catégorie de la population qui n’a souvent d’autre choix que de s’y réfugier, malgré les agissements des propriétaires qui ne souhaitent pas que les sans-abris s’installent dans des lieux en attente de démolition.

Zachary Legare a 18 ans. Il était sans abri et se réfugiait parfois pour quelques heures dans l’église Sainte-Marguerite de Trois-Rivières. Il n’est pas le seul à le faire. Pour y entrer, il passe par une porte non verrouillée ou une des fenêtres brisées. Un matelas et un canapé sont placés près de la porte, indiquant que la place est occupée.

“Habituellement, nous avons environ quatre ou cinq personnes qui passent pendant la journée”, a déclaré Zachary, qui a visité le site à plusieurs reprises.

Le jeune homme n’y dort pas, mais certains y ont logé. La preuve en est les contenants de nourriture à moitié vides, les boîtes de conserve et les couvertures éparpillées sur le sol. Dans une pièce plus isolée, on peut voir renifler par le nez des feuilles de papier enroulées utilisées pour la consommation de drogue.

La coexistence ne semble pas être un problème. Sur place, l’équipe de TVA Nouvelles a constaté que tous les occupants avaient été installés dans des pièces différentes.

L’ancien presbytère était également habité juste à côté, mais après plusieurs incendies, les habitants se sont déplacés vers l’église. C’est le cas de Stéphane Bouillon, arrivé sur les lieux quelques heures plus tôt. “Cela fait trois ans que j’attends d’avoir au moins une réservation aux HLM. Je pense que je serai grand-mère avant d’en avoir une », plaisante-t-il, malgré sa situation précaire. L’homme de 52 ans savait déjà que l’église était plus silencieuse que d’autres lieux abandonnés.

Les travailleurs de Centre le Havre, d’en face, sont bien conscients du problème. Bien qu’ils ne puissent pas entrer dans l’établissement, ils patrouillent dans la zone. « On s’assure vraiment de faire le tour, de voir qui est là, d’essayer d’aller voir les gens quand ils sortent pour voir quels sont leurs besoins. Ont-ils besoin d’accompagnement, ont-ils besoin d’un logement, ont-ils besoin d’un quelconque accompagnement », a expliqué la coordinatrice du Centre le Havre, clinique Zoé-Florence Julien.

La situation est similaire à l’église Sainte-Madeleine au pied du promontoire. Les employés du garage d’en face ont confirmé qu’il y avait des entrées et des sorties fréquentes et que certaines personnes semblaient y passer la nuit.

La ville de Trois-Rivières a obtenu lundi une injonction pour contraindre le propriétaire à sécuriser les lieux et par la même occasion effrayer ses respectables habitants car l’immeuble n’est pas entretenu.