Un an après l’incarcération de Cédric Jubilar, accusé d’avoir tué sa femme dans le Tarn, le juge des libertés et de la détention envisage ce jeudi 9 juin, à Toulouse, le renouvellement de son ordonnance de dépôt. Une étape clé au cœur de cette mystérieuse affaire, qui cache encore de nombreuses zones d’ombre.
Cédric Jubillar joue une part de son avenir. Un an après avoir été placé en détention provisoire à l’isolement, le plâtrier tarnais de 34 ans s’est retrouvé ce jeudi matin, à 10 heures, devant le juge des libertés et de la détention (JLD), au tribunal de Toulouse, renouveler ou non sa caution moyennant caution.
Une audience clé au coeur de cette mystérieuse affaire, qui doit se dérouler à huis clos en présence des avocats du principal suspect. Le JLD, qui est plongé dans ce dossier de 11 266 pages depuis plusieurs semaines, doit rendre sa décision (peut-être le jour même), en tenant compte de l’avancée de l’enquête, des garanties de représentation de Cédric Jubillar, de l’éventuelle libération et d’éventuelles troubles à l’ordre public.
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Accusé d’avoir tué sa femme, Dauphin Jubilar, une infirmière de 33 ans disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, du domicile familial de Cagnac-les-Mines, 81 ans, l’homme nie toute implication dans la meurtre à sa femme, qui a dû commencer une nouvelle vie avec un autre homme.
“Faites de votre mieux pour trouver le dauphin”
Si le téléphone portable entièrement tracé l’identifie comme le principal suspect, des zones d’ombre subsistent. Depuis un an et demi, la justice peine à rassembler les preuves irréfutables de ce meurtre sans cadavre et sans scène de crime. “Cette affaire est la chronique d’une catastrophe judiciaire déclarée”, a insisté Alexandre Martin, l’un des trois avocats de Cédric Jubilar.
Pourtant, deux juges d’instruction, Audrey Asemat et Coraline Chartier, n’ont ménagé aucun effort pour retrouver le corps de Dolphin Jubilar, ainsi que les enquêteurs de la Section de recherche de Toulouse. Jusqu’à présent, la brutalité de la justice a révélé les mensonges et les incohérences de l’histoire de Cédric Jubilar. Sa relation avec Dolphin, le déménagement ce soir le 15 décembre 2020 et sa façon de tourner rapidement la page de son mariage ne plaident pas en sa faveur.
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Dans ce canevas incomplet, la défense de Cédric Jubillar, qui a déjà déposé quatre demandes de libération, toutes rejetées, considère que “la justice est en train de poursuivre un coupable contre un innocent, au lieu de chercher ailleurs “d’autres voies sous-utilisées”. “.
Comme dans plus de 80 % des crimes conjugaux donc, du côté du conjoint, la justice a recherché un suspect. Arrêté le 16 juin 2021, six mois après la disparition de sa femme, Cédric Jubilar avait le sourire aux lèvres à l’arrivée des enquêteurs. Six mois plus tôt, le 16 décembre à 4h09 du matin, il avait appelé la gendarmerie en larmes pour annoncer la disparition de sa femme, “promenant les chiens”, selon sa version.
Mais très vite les enquêteurs se sont intéressés à cet homme, qui venait de découvrir la réalité de la relation amoureuse que Dolphin entretenait avec un autre homme habitant Montauban. Selon l’acte d’accusation, c’est la découverte d’un message très convaincant que Dolphin venait d’envoyer à son amant qui allait tout changer. Le couple Jubilar était en instance de divorce. La famille et les proches de l’infirmier disparu souhaitent que la vérité éclate depuis un an et demi, ce qui a conduit Cédric Jubilar à “sortir de son silence”. Une famille qui compte sur la justice pour obtenir la vérité et répondre à la disparition du Dauphin.
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