France

Amélie de Monschalen a-t-elle accusé son adversaire aux législatives, Jérôme Gage, d’antisémitisme ?

Une “petite phrase” s’attarde vite, dévie, se propage de réseau en réseau, et se retourne contre celui qui l’a créée. Parfois à tort, car les propos effectivement tenus sont moins caricaturaux. Le but de ce format est de refléter le contexte factuel dans lequel ils ont été prononcés.

La petite phrase

C’est une édition qui n’est pas passée inaperçue. Au lendemain du premier tour des législatives, Amélie de Monschalin, la ministre de la Transition écologique et candidate en difficulté dans l’Essonne, était invitée du plateau de CNews ce lundi 13 juin.

Dans un vote défavorable contre le candidat de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), Jérôme Gedge, le ministre a appelé à un « barrage très clair » contre la coalition de gauche, qui « promet aux Français » « la subordination aux anti- Idées sémitiques.”

Qu’est ce qu’ils disent

Invité au sénat public prévu mercredi, le député La France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis Alexis Corbier, réélu au premier tour des législatives, a dénoncé les “arguments absurdes” des candidats macronistes, notamment Amélie de Montchalin :

“J’ai vu Madame de Monschalen, (…) elle affronte un monsieur que vous connaissez, Jérôme Hedge, [disant] qu’il y aura des relents d’antisémitisme. »

Il a ajouté que Jérôme Gage “est attaché à la laïcité” et que “de par son histoire personnelle, attaquer Jérôme Gage sur la base d’un soi-disant antisémitisme est absurde”.

Les propos de la ministre ont été largement commentés sur les réseaux sociaux, certains internautes l’accusant même de qualifier directement la candidate de gauche d'”antisémite”.

LE CONTEXTE

Dire qu’Amélie de Monschalin condamne les “relations d’antisémitisme”, même l'”antisémitisme” de Jerome Gedge est un raccourci. Dans un entretien avec le journaliste de CNews Lawrence Ferrari, le ministre Macronis a critiqué la “subordination” de Nupes aux “idées antisémites”. Elle a notamment cité l’arrivée de l’ancien dirigeant travailliste britannique Jeremy Corbyn, accusé de complaisance face à l’antisémitisme, ainsi que des députés LFI Daniel Obono et Daniel Simonet. Elle ne mentionne pas Jerome Gedge, qui lui-même ne s’est pas présenté en public avec l’ancien leader travailliste.

Pourtant, il y a une certaine confusion dans les propos de la ministre lorsqu’elle critique l’alliance avec Jean-Luc Mélenchon d’anciens membres du Parti socialiste (PS), “chargés des questions laïques”. C’est exactement le cas de Jérôme Gedge, actuellement en charge de “la laïcité et du pacte républicain” au sein du PS, selon Checknews. Voici l’échange complet :

– Amélie de Monschalin :

“Mon message est que dimanche prochain, nous pouvons faire un barrage très clair, en fait presque un référendum. »

– Laurent Ferrari :

« Contre Jean-Luc Melanchon ? »

– Amélie de Monschalin :

« Référendum pour l’Europe et contre la désobéissance. Référendum pour l’ordre, contre les émeutes dans les rues. »

– Laurent Ferrari :

« Alors un référendum contre Jean-Luc Melanchon ? »

– Amélie de Monschalin :

“Bien sûr. Contre Nupes, contre ses candidats, qui se sont regroupés dans un accord électoral, qui n’est pas un accord matériel et qui promet désordre et obéissance aux Français.”

– Laurent Ferrari :

“Obéissance à quoi ?” »

– Amélie de Monschalin :

“Soumission à la Russie, subordination aux idées antisémites. Quand on voit que certains qui étaient au Parti socialiste responsables de la laïcité et des valeurs républicaines sont désormais estampillés Nupes, là où certains du même camp n’ont aucun mal à manifester avec l’antisémite Jeremy Corbyn. Obéissance à une vision d’une économie qui ne tient pas la route. »

Pour Checknews, Jérôme Guedj a vertement critiqué les propos de la ministre : “Dans la même phrase, elle m’a habillé en anarchiste d’extrême gauche, m’a fait allusion, puis a glissé la lutte contre l’antisémitisme. » Et de se plaindre : « C’est un amalgame. »

Lire aussi : Comprendre la polémique sur Nupez et Jeremy Corbyn accusés de complaisance face à l’antisémitisme

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