France

Amélie de Monschalen joue gros face à Jérôme Gedge au second tour des législatives en Essonne

Le ministre de l’Economie Bruno Le Mer accompagne la ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires Amélie de Monschalen à Palezo (Essonne), le 14 juin 2022. ALEN JOCARD / AFP

Pour un ministre chargé de l’environnement, c’est audacieux. Mais y a-t-il un choix pour Amélie de Monschalin ? Pour sa campagne au second tour dans la 6e circonscription de l’Essonne, la députée a donné le gaz. Plein gaz, même, dans le bureau de vote avant le vote décisif du dimanche 19 juin.

Elle le sait, elle joue très bien. Son parcours irréprochable chez Macroni pendant cinq ans lui vaut aujourd’hui un cinquième poste dans le gouvernement d’Elizabeth Bourne. Mais elle devra démissionner si les électeurs élisent le candidat de la Nouvelle Union populaire environnementale et sociale (Nupes), Jérôme Gedge, ancien président du conseil général et député socialiste de l’Essonne.

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Est-elle inquiète? “Je suis extrêmement combative”, a-t-elle déclaré au Monde, mardi 14 juin, en marge d’une réunion publique. Nombreuses sont les femmes et les hommes de ce territoire qui ont voté pour Emmanuel Macron le 10 avril et se sont abstenus dimanche ; nombreux sont ceux qui ne veulent pas du projet de Jean-Luc Melenchon. C’est pourquoi le ministre multiplie cette semaine le porte-à-porte et le commerce de tracteurs. “C’est un exercice de persuasion”, a-t-elle déclaré. Je pense que cela va fonctionner. En tout cas, je fais tout pour. »

Le ton s’est durci

Le 12 juin, la candidate de la majorité présidentielle (Ensemble !) a obtenu 31,46 % contre 38,31 % pour Jérôme Guedj – elle a fait mieux qu’Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle : il a recueilli 29,86 % des suffrages dans cette circonscription contre 30,72 % pour Jean-Luc Mélenchon, puis l’emporte au second tour avec 73,08 % face à Marine Le Pen. Ce jour-là, les forces de gauche (non encore rassemblées à Nupes) avaient rassemblé 41,52 %.

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Par conséquent, la différence entre les deux finalistes des législatives est plus grande. A l’Elysée, on est aussi plus préoccupé par Stanislas Gerini (ministre de la Transformation et des Services publics, candidat à Paris) et Clément Bon (ministre délégué chargé de l’Europe, également candidat à Paris) que par Amélie de Monschalin. “Elle n’a pas été battue”, a déclaré un proche du chef de l’Etat. Le risque de défaite est surestimé. Guedge n’a pas de réserve de voix pour le second tour. »

Lors de la campagne du premier tour, Jérôme Gedge et Amélie de Monschalin se sont opposés aux taches de fleuret, s’envoyant mutuellement des accusations de “tourisme électoral”. Le ton a changé. Lundi 13 juin, sur CNews, le ministre a accusé Nupes de “subordination aux idées antisémites”, puis a évoqué “certains qui étaient au Parti socialiste responsables de la laïcité, des valeurs républicaines, [et qui] Nupes… Les Nupes sont scellés aujourd’hui, où certains du même camp n’ont aucun mal à manifester avec l’antisémite Jeremy Corbyn », un ancien dirigeant du parti travailliste britannique.

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