La défense et la Couronne ont proposé lundi que M. Boaskler soit envoyé en prison pour deux ans moins un jour après avoir plaidé coupable à un chef d’agression sexuelle avec un tiers de la première victime et à un autre de violences sexuelles contre une deuxième victime.
L’accusation d’agression sexuelle armée dans la première affaire a été abandonnée.
Dans notre cas, la poursuite est d’avis que seule une peine d’emprisonnement a envoyé le message approprié de dénonciation et de dissuasion. Ce sont des crimes qui sont graves, importants et qui doivent être punis en plus de leur gravité, a déclaré le procureur de la Couronne Me Jérôme Laflamme à la fin de l’audience.
Cependant, le juge Pierre Label de la Cour du Québec n’a pas pris la décision de la cour, mais en a plutôt tenu compte. C’est pourquoi le 18 juillet l’ancien homme politique comprendra le sort qui l’a préparé à la justice.
Les deux victimes, dont l’identité est protégée par une interdiction de publication, ont livré un témoignage passionnant lundi au palais de justice après que M. Boaskler a plaidé coupable.
Perte d’ambition politique
L’homme que j’étais avant 2014 est parti, a déclaré la première victime. Depuis 2014, date à laquelle j’ai franchi la porte de M. Boaskler, rien ne s’est amélioré.
Le jeune homme a dit qu’il avait perdu ses ambitions et ses convictions. Ses événements provoquent de l’anxiété, de la dépression et des dommages à son estime de soi au point qu’il est hanté par des pensées suicidaires. Il a dû suivre des thérapies et est resté dans des moments de panique et de cauchemars.
“Mon objectif d’entrer un jour en politique est devenu une aversion pour celle-ci. […] J’ai une mauvaise vie qui ne veut tout simplement pas s’en aller.”
– Citation de la première victime d’André Boaskler, lors de son témoignage
Cette première victime s’est présentée à Andre Boaskler le 8 janvier 2014 après plusieurs échanges sur les réseaux sociaux et par téléphone. D’autres personnes étaient là et il y avait de la drogue qu’André Boaskler a consommée, témoignant qu’il a vu la victime. Puis quelques gestes sexuels ont été faits.
Bien qu’il ait mentionné qu’il ne voulait pas de sexe anal avant de se rendre chez l’accusé, à un moment donné, André Boaskler a demandé à deux autres personnes de l’attraper et de s’introduire chez lui, malgré le deuxième refus confirmé sur place. L’attaque a été stoppée car la victime se battait et le jeune homme a réussi à s’enfuir par la suite.
Après la médiatisation de cette première agression, la deuxième victime a porté plainte dans laquelle il raconte à la police les événements qu’il a vécus le 22 novembre 2015.
Marqué à vie
Une blessure profonde est née le 22 novembre, a déclaré la deuxième victime à un juge. L’homme a dit qu’il était au début de la vingtaine et qu’il commençait tout juste à affirmer sa sexualité et sa prospérité.
A ce jour, ma blessure n’a pas cicatrisé, a-t-il poursuivi, disant avoir vécu de la honte, de l’incompréhension et une perte de confiance, qui ont affecté sa vie intime par la suite.
Ce souvenir ne s’effacera pas. Le corps se souvient. J’ai des cicatrices à vie. […] Cet homme qui me maltraitait était quelqu’un que je respectais et qui m’impressionnait, a-t-il dit, laissant entendre qu’André Boaskler avait clairement abusé de son statut.
L’ancien chef du PQ et ancien ministre et le jeune homme se sont contactés via une application de rencontre et avaient convenu d’une rencontre avec André Boaskler pour le 22 novembre.
Après environ une heure de conversation sur la bière, le jeune homme a voulu partir, mais à ce moment-là, l’accusé l’a délié et a enlevé son pantalon pour se livrer à une fellation, ce que le jeune homme ne voulait pas.
Il avait relevé son pantalon, mais André Boaskler le traîna jusqu’au lit, le coucha sur le ventre et lui retira son pantalon. Cette fois, le jeune homme lui a clairement demandé d’arrêter, mais à la place, André Boaskler a commencé à s’occuper du toucher anal.
Cette fois, la victime lui ordonna très fermement d’arrêter, ce qu’André Boaskler fit et la victime quitta la maison de l’accusé.
Jugement altéré
L’avocate d’André Boaskler, Michelle Masicot, affirme que le jugement de son client a été considérablement compromis lors des événements, alors qu’il se droguait et consommait de la drogue.
Pour sa défense, il soutient que la condamnation d’André Boaskler est une circonstance atténuante à l’appui d’une peine de deux ans moins d’un jour de prison.
Il affirme que son client a subi plusieurs thérapies après avoir été inculpé et a subi environ 40 tests de dépistage de drogue aléatoires, qui se sont tous révélés négatifs.
On dit souvent que tous sont égaux devant la loi. Quarante-cinq ans de pratique m’ont permis de constater que ce n’est pas toujours le cas. La notoriété de mon client faisait que les réprimandes publiques avaient pour lui des conséquences, qui n’étaient pas forcément moins médiatisées, mais il acceptait néanmoins cette situation et ne contestait pas l’imposition d’une peine similaire à celle infligée à d’autres agresseurs pour des crimes similaires.
La requête conjointe des parties est une peine de 18 mois d’emprisonnement pour agression sexuelle commise avec l’aide de tiers sur la première victime et six mois moins par jour pour agression sexuelle sur la seconde.
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