France

Annemiek van Vleuten, l’étudiante hédoniste devenue championne rebelle

La Néerlandaise Annemiek Van Vleuten célèbre sa victoire dans le Tour de France féminin le 31 juillet 2022 à La Planche-des-Belles-Filles (Haute-Saône). JEFF PASCHUD /AFP

Le cyclisme connaît de belles stratégies. Ces grands coups prévus le matin au petit déjeuner, quand le directeur sportif s’imagine en Napoléon devant le plateau du Pratzen, avant la bataille d’Austerlitz. Souvent ces projets se heurtent au mur de la réalité, celui de la race, de la supériorité des adversaires. Sauf quand vous vous appelez Anemic van Vloiten.

La Néerlandaise de 39 ans savait où, quand et comment elle gagnerait ce premier Tour de France féminin. A découvrir du pied du Petit Ballon, samedi, et en chargeant proprement au sabre. Quels que soient les 80 kilomètres, quels que soient ses concurrents, elle avait fixé un temps. Et le chef de l’équipe Movistar est exactement le type.

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Odd Bianik peut en témoigner. La Française décrit son patron comme exigeant et méthodique : « Elle est très correcte. Quand elle dit qu’elle va attaquer là-bas, elle suit le plan. Je devais le jeter à mes pieds et je n’avais aucun intérêt à ce qu’il me manque”, avoue le Breton.

Elle devant, les autres loin derrière. Van Vleuten étourdit la concurrence, encore habituée à sa production. “On savait ce qu’elle allait faire, on a essayé de la suivre, mais elle est juste trop forte”, résume sa compatriote Pauliena Roajakers (Canyon-SRAM Racing). « J’aimerais être aussi malade qu’Annemiek van Vleuten ! Elle est vraiment impressionnante”, a poursuivi la Française Juliette Labus, brillante 4e mais loin (7min 28sec) de Van Floyten, bien remise de ses problèmes d’estomac des premiers jours.

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La Hollandaise a retrouvé l’appétit. Dimanche, elle s’est offerte la super planche des Belles-Filles (Haute-Saône) en dessert sans chantilly ajoutée, mais avec un départ Van Vleuten au pied de la montée. Le style est plus une question d’efficacité que de beauté stylistique. Telle une danseuse sur son vélo, la grimpeuse se balance de droite à gauche et donne parfois l’impression de grimper avec un sac de ciment sur le dos. Mais la cadence des pédales est diabolique et étouffe toute tentative de s’accrocher à son volant.

“Enlevez les kilos superflus des dîners”

Pour être honnête, le succès du leader de Movistar ne surprend personne. Libérée de la compétition d’Anna van der Breggen, l’autre “néerlandaise de l’escalade” et jeune retraitée du peloton, l’ancienne footballeuse s’est avancée avec l’insigne bien-aimé accroché à son maillot, surtout après sa victoire au Tour d’Italie en juillet. A l’approche de la quarantaine (le 8 octobre), Van Floyten affiche un palmarès cinq étoiles, entre deux titres de champion du monde, une médaille d’or olympique au contre-la-montre (Tokyo 2021), trois Giros et deux Tours des Flandres.

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