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Après la cyberattaque de l’hôpital de Corbeil-Essonnes, des fuites de données faute de rançon

EMMANUEL DUNAND / AFP L’hôpital Sud Francilien de Corbeil-Essonnes a été victime d’une cyberattaque dans la nuit du samedi 20 au dimanche 21 août.

EMMANUEL DUNAN / AFP

L’hôpital Sud Francilien de Corbeil-Essonnes a été victime d’une cyberattaque dans la nuit du samedi 20 au dimanche 21 septembre.

CYBERATTAQUE – Après plus d’un mois d’attaque informatique, le groupe de hackers à l’origine de la cyberattaque du Centre Hospitalier de Corbays-Essons dans le sud de l’Ile-de-France (CHSF) a commencé vendredi à diffuser des données, l’hôpital refusant de payer une rançon réclamée, a-t-on appris dimanche 25 septembre de source proche du dossier.

Les pirates ont donné à l’hôpital un ultimatum pour payer la rançon le 23 septembre. Le délai étant passé, ils ont publié une série de données, a ajouté une source proche du dossier, confirmant une information du site spécialisé Zataz.Les données “semblent toucher nos utilisateurs, notre personnel ainsi que nos partenaires”, a déclaré dimanche le CHSF. , dans un communiqué transmis à l’AFP.

Parmi les données divulguées sur le site des cyber-attaquants figurent potentiellement “certaines données administratives”, dont un numéro de sécurité sociale, et “certaines données de santé telles que des rapports d’examens et notamment des fichiers externes d’anatomocytopathologie, de radiologie, de laboratoires d’analyses, de médecins”. établissement.

“Les bases de données commerciales du CHSF, qui comprennent les dossiers patients personnalisés (DPI) et les fichiers liés à la gestion des ressources humaines, n’ont pas été compromises”, a ajouté le CHU de l’Essonne dans son communiqué. « L’attaque semble s’être limitée aux serveurs virtuels et à une partie seulement de l’espace de stockage du CHSF (environ 10 %) », explique-t-il encore.

Selon Zataz, les pirates de Lockbit 3.0 ont publié plus de 11 gigaoctets de contenu sensible. “Il s’agit d’un double chantage, consistant à exfiltrer une partie des données volées pour faire pression sur les victimes. C’est un classique”, explique un spécialiste du cyber.

Données personnelles et de santé exfiltrées

L’hôpital, situé au sud de Paris, qui assure la couverture santé de près de 700 000 habitants de la grande couronne, a été victime d’une cyberattaque le 21 août avec une demande de rançon de 10 millions de dollars.

La rançon serait alors réduite à 1 million de dollars, selon plusieurs sources. Selon Zataz, les pirates exigeraient désormais de l’hôpital “2 millions de dollars (1 million pour détruire les données volées et 1 million pour restaurer l’accès aux informations via leur logiciel spécial).”

L’hôpital a alors porté plainte et saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). L’enquête, lancée par le parquet de Paris et confiée aux gendarmes du Centre de lutte contre la criminalité numérique (C3N), se poursuit. L’Autorité nationale de sécurité et de défense des systèmes d’information (Anssi) a également été saisie.

Mais “malgré ces mesures et cette réactivité, des pirates ont tout de même réussi à exfiltrer des données personnelles, dont des données de santé”, déplorait mi-septembre l’hôpital dans un communiqué.

Après l’attentat, l’hôpital, dont le service des urgences reçoit normalement 230 personnes par jour, a lancé un plan d’urgence appelé “plan blanc” pour assurer la continuité des soins.

Ces vagues de cyberattaques ciblent le secteur hospitalier français et européen depuis environ deux ans. En 2021, l’Anssi a enregistré en moyenne un incident par semaine dans un établissement de santé en France.

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