France

Après la défaite de Pécresse, LR fait face à une vague de forfaits pour les législatives

Stefan Mae, via Reuters LR, les candidats aux élections législatives de 2022 renoncent actuellement en raison de la situation politique dans le parti.

POLITIQUE – Certains réveils sont plus difficiles que d’autres. Celui des Républicains, dont le candidat Valéry Pecres est passé sous la barre des 5 % au premier tour de la présidentielle du 10 avril, en fait partie.

La formation de la rue de Vaugirard doit faire face à l’échec de la reconstruction de sa campagne, qui coûte environ 15 millions d’euros, et trouver sa ligne politique dans un paysage en reconstruction à droite – ou en décrépitude, selon – – tout en se préparant à la bataille pour les élections législatives en juin de l’année prochaine.

Echéance décisive pour l’avenir du Parti Goliath, ainsi que financièrement, la somme allouée aux partis est liée, entre autres, au nombre de députés et à celui d’influence. C’est dans ce contexte dangereux, au bord du gouffre, que certains candidats déjà investis choisissent de jeter l’éponge. D’autres sont tentés de regarder ailleurs, quitte à alimenter la fuite de salariés triés sur le volet qui rejoignent la majorité LREM associée à Emmanuel Macron.

Vingt candidats se retirent

Ils sont aujourd’hui une vingtaine du parti LR, selon le recensement, à renoncer à la course à la législature. Au contraire, « 10 % » souffle un candidat dans les colonnes du Figaro samedi 30 avril, soit deux ou trois fois plus de personnes. Parmi ces personnalités figurent des profils peu connus du grand public, comme Soyzik Perot, vice-président du conseil départemental du Morbihan, qui devait se présenter dans le 3e arrondissement, celui de Pontivy.

Qui voudrait se présenter à une élection avec un candidat qui a remporté moins de 5 % ? Maxens Henry, un candidat qui démissionne, au Parisien

“Ça n’a plus de sens de se présenter à ces élections législatives”, écrit l’élue locale dans un communiqué, détaillant les raisons de sa décision : “En effet, j’ai défendu la ligne politique pour la campagne présidentielle avec des peines. Après l’échec de Valérie Pécresse, je ne pense pas qu’il soit possible de défendre son projet dans ce contexte.

Comme elle, plusieurs candidats de la Loire, de la Gironde ou du Maine et Loire ont annoncé qu’ils retireraient leur candidature. Deux facteurs semblent peser selon divers témoignages publiés dans la presse : le risque financier et le spectre de la défaite. “Qui voudrait aller se faire mal dans une élection avec un candidat qui a obtenu moins de 5% ?”, a déclaré Maxens Henry, adjoint au maire d’Angers au Parisien, ce samedi. Il renonce aussi.

Et ce n’est pas tout. En dehors de ces prétendants, plusieurs personnalités de la dernière campagne ou du parti ne feront également pas partie du parti. Patrick Stephanini, directeur de campagne de Valérie Pecres, a observé le 9e arrondissement d’Evelyn. Il a finalement pris sa retraite, tout comme Nicolas Florian, l’ancien maire de Bordeaux. Christian Jacob, le chef de LR, a déclaré qu’il ne se présenterait pas à la succession : une décision “prise dans deux ou trois ans”, a assuré l’élu, qui siège à l’Assemblée depuis 1995.

Retirer le logo des affiches

Quant aux autres qui seront de bons candidats, ils seraient tentés de ne pas faire tout un plat de leur appartenance républicaine. “Les dirigeants de LR m’ont clairement dit de retirer le logo de mes affiches et de faire campagne en mon nom. C’est la stratégie supposée », a déclaré un prétendant dans les colonnes de Marian.

Autant de signes qui témoignent de la fièvre qui règne dans la rue de Vogirar. Et rien n’indique que la situation va se calmer. Le personnel a peut-être confirmé son « indépendance » le 26 avril face à Macroni, et après avis stratégiques, les rumeurs de désertions continuent de tourbillonner.

La droite républicaine n’a d’autre choix que d’être aux côtés de la majorité présidentielle Marine Brenier, ancienne députée LR des Alpes-Maritimes qui travaille pour Horizons

La proposition en question, qui confirme que le parti Goliath “a sa propre voix, celle d’une droite indépendante et populaire qui doit exister en elle-même” a également été votée à l’unanimité… moins deux abstentions, celles du chef du parlement Damien Abad et le maire de La Garen-Columbus, Philippe Juven. Le premier est au centre de spéculations exacerbées suite à la révélation d’une rencontre récente avec Thierry Soler, un ancien LR devenu conseiller d’Emmanuel Macron.

A l’instar du duo réfractaire, d’autres élus soucieux de leur survie semblent aussi plus disposés à coopérer avec le président de la république. C’est notamment le cas des chefs de régions ou mécènes Jean Rotner (Grand Est) et Cristal Moranse (Pays-de-Loire) ou des maires Daniel Faskel et Gaël Perdrio.

Selon un élu LR cité par l’AFP en milieu de semaine, “une vingtaine de députés partants” au total “peuvent aller à Macron” sur les 100 que compte le groupe. Parmi eux, Marin Brennier, un parlementaire des Alpes-Maritimes, a déjà franchi le Rubicon.

“Mon parti a été sorti du jeu, et pour intervenir dans le débat national, la droite républicaine n’a d’autre choix que d’être à la hauteur de la majorité présidentielle”, a écrit vendredi un élu proche de Christian Estrosi pour justifier son départ d’Horizons. , le parti fondé par Edouard Philippe. De quoi inspirer ce commentaire gourmand d’un ancien membre de la campagne de Valérie Pécresse, qui était déjà de l’autre côté : “Attention, ça commence (emoji popcorn)”.

Les Français ont choisi de recomposer le paysage politique en trois blocs : l’extrême droite, l’extrême gauche et le bloc républicain. Pour qu’il y ait du poids dans le débat, la droite républicaine doit être aux côtés de la majorité présidentielle. Je quitte donc ma famille politique @lesRepublicains. pic.twitter.com/1uzNCPsZEx

— Marine Brenier (@marinebrenier) 29 avril 2022

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