France

après la grêle désolation dans les champs et les vignes

Eric Leckertier inspecte ses graines de soja. “Les tiges sont cassées, ça ne donnera pas les graines dont il avait besoin”, explique l’agriculteur.

Thibaut Thulémond

Le soja est sombre. C’est encore la culture qui résiste le mieux à la pression de la grêle. Eric Leckertier possède 17 hectares. “Regardez les bâtons, ils sont tous cassés. Il ne donnera pas les graines dont il avait besoin. A première vue, il ne produira que 10% de ce qui est prévu. A quelques mètres de là, les parcelles de maïs comestible offrent un spectacle de désolation : les plants de maïs tués par le vent sont tombés en biais, la grêle les a frappés et les a brisés. “Une tige de maïs coupée ne sortira pas de l’épi. Ceux de la terre sont finis. Quand il a encore du cœur, il peut donner une oreille », explique l’agriculteur. Avant de fixer la commande et de commencer à compter, “Ici, j’ai un cœur intact tous les dix pieds. Il y en a tous les quinze. A quoi bon arriver en fin de récolte, vu le coût de l’irrigation ? »

Eric Leckertier tient dans ses mains une tige de maïs brisée par la grêle. “Une jambe cassée ne donne pas la tête”, explique-t-il.

Thibaut Thulémond

Pertes sèches colossales

Loin d’être dévasté, Eric Leckertier pense à haute voix : « Il est encore temps de détruire et de remettre le maïs doux à sa place. “Mais ça coûte cher, un deuxième retour en production”, estime Antoine Leckertier. “Le tracteur c’est nul !” », a lancé le conseiller de Movezen-d’Armagnac. Au prix de 300 euros la tonne de maïs, avec un rendement attendu de 12 tonnes à l’hectare, sachant qu’Eric Leckertier a une superficie de 35 hectares, l’agriculteur espérait toucher 126 000 euros de son maïs. Montant sur lequel vous devrez vous asseoir. “Je vais être plongé dans le cash-flow de l’année dernière, mais que vais-je faire l’année prochaine ? “, demande-t-il. L’exploitant, qui cultive aussi des chapons et des pintades, ne produit que la moitié de sa récolte. Ses tournesols ont également beaucoup souffert. Il y a encore (très peu) de fleurs ici et là, tous les dix à vingt-cinq pieds. « Je ne suis pas sûr de le prendre ici, ça n’en vaut pas la peine. »

Dans les vignes, les feuilles ont été arrachées, les grappes sont tombées et les forêts ont subi des coups “par lesquels la maladie peut entrer”, prévient Antoine Leckertier.

Thibaut Thulémond

“Les forêts viticoles ont été touchées par des maladies qui peuvent entrer”

Déjà durement touchées par le gel en avril, les vignes d’Eric Leckertier (il possède huit hectares d’Armagnac) n’ont pas survécu. “Toutes les feuilles sont déchiquetées et au sol, les grappes sont tombées. Avec le gel, on y avait renoncé de toute façon. Son père attrape un morceau de bois et le tord : « Tu vois ces endroits très fragilisés qui se cassent quand tu les touches. Les forêts du vignoble ont subi des impacts par lesquels la maladie peut pénétrer. Nous ne pourrons pas les plier l’année prochaine. En résumé, chez Éric Lequertier, les gelées printanières ont détruit la récolte de l’année, et la grêle a déjà compromis la récolte 2024.

La route menant à la ferme d’Eric Leckertier à Movezin d’Armagnac est parsemée de feuilles, de branches et d’arbres gisant au sol.

Thibaut Thulémond

Dommages à l’armagnac et chalos

La province septentrionale de l’Armagnac a été durement touchée par l’épisode de grêle de vendredi soir le long d’un couloir qui va de Labastide d’Armagnac à Parlebosk. Une grande partie de la récolte a été endommagée dans la Communauté de communes du Pays de Villeneuve en Armagnac Landes. Au Frêche, par exemple, on regrette les tuiles cassées, les lucarnes et les voitures abîmées. Un habitant a dû être relogé. La ville était sans électricité, comme à Movezin d’Armagnac, où une trentaine de maisons n’avaient toujours pas d’électricité samedi après-midi. La Chalosse n’échappe pas à la grêle : toits, voitures, jardins et cultures sont touchés à Mugron, Nerbis ou encore Caupenne. La foudre a frappé des arbres, provoquant des incendies à Mayas, Lanquac et Saint-Justin.