France

après la “prise de la Bastille” plongée dans l’inconnu

Des manifestants manifestent devant le palais du président Gotabaya Rajapaksa à Colombo, Sri Lanka, le 9 juillet 2022. DINUKA LIYANAWATTE/REUTERS

Après une nouvelle nuit d’occupation pacifique du palais présidentiel par la population, malgré les rumeurs d’intervention militaire, les Sri Lankais retenaient encore leur souffle ce lundi 11 juillet. Leur pays, où les pénuries rendent la vie impossible, s’est dirigé vers l’inconnu samedi alors que les manifestants ont pris d’assaut les symboles du pouvoir à Colombo. Cependant, alors que le président Gotabaya Rajapaksa, désormais caché, a par la suite annoncé qu’il démissionnerait quatre jours plus tard, et que le Premier ministre Ranil Wickremesinghe a proposé de faire de même, aucun des deux n’a encore officiellement démissionné.

M. Rajapaksa s’est réfugié dans un lieu tenu secret après avoir été expulsé de sa résidence à Colombo, la capitale, qui a été attaquée par des foules samedi. L’homme fort sri-lankais ne s’est pas exprimé depuis et a annoncé lundi son intention de quitter le pouvoir par la voix du président du Parlement Mahinda Yapa Abeywardena, alors issu de la Primature.

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Après plus de trois mois de contestation, la nouvelle de ces démissions sent déjà la victoire, malgré les doutes qui subsistent. “Je suis très fier de ce que le peuple sri-lankais a accompli, nous renversons le gouvernement, mais ce n’est pas encore l’heure des réjouissances”, a prévenu Hiranya Kurai, une trentenaire de Colombo, jointe par téléphone. En raison de pénuries de carburant sur l’île, elle a marché 10 kilomètres pour participer à la manifestation de samedi dans la capitale.

Le Sri Lanka traverse une crise économique et financière sans précédent imputée au clan Rajapaksa, qui domine la vie politique depuis près de deux décennies. Poussés à bout par des mois de privation, des dizaines de milliers de Sri Lankais ont afflué samedi à Colombo pour participer à une journée de mobilisation déterminée. Ils sont arrivés en bus, en train, à vélo ou même à pied, bien décidés à se rendre dans la capitale pour exiger, comme ils le font depuis fin mars, la démission du président Gotabaya Rajapaksa.

Une performance inédite, scolaire et dramatique

A midi, des manifestants ont franchi les barricades de la police et ont pris d’assaut le palais, puis le bureau du président et la résidence officielle du Premier ministre. Le chef de l’Etat a dû fuir et a été placé en lieu sûr sous la protection de l’armée. Son frère Mahinda Rajapaksa a subi un sort similaire en mai après avoir démissionné de son poste de Premier ministre. Lors de son élection en novembre 2019, Gotabaya Rajapaksa a verrouillé le pouvoir, mettant son clan aux commandes du pays. Il est le seul encore en fonction.

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