Emmanuel Macron à l’ouverture de la réunion préscolaire des recteurs des académies à Paris le 25 août 2022. MOHAMED BADRA / AFP
Le format était une surprise, tout comme l’arrière-plan. Dans la matinée du jeudi 25 août, Emmanuel Macron a ouvert une conférence inédite des recteurs d’académies de rentrée. Dans une allocution diffusée sur les réseaux sociaux de l’Elysée, le chef de l’Etat a détaillé la feuille de route pour les mois à venir et les ambitions pour son deuxième quinquennat, faisant un bilan peu flatteur de l’état du système scolaire.
Il a ensuite esquissé les mesures à prendre avant d’appeler à un changement de méthode annoncé avant l’été pour une gestion plus souple et moins centralisée du système scolaire. Dans le milieu de l’éducation, le discours du président a été accueilli avec prudence.
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Pour décrire cette nouvelle opération basée sur la proposition du terrain, le président de la République a parlé de “grand travail” pour “construire un nouveau projet, école par école”. Les projets portés par les équipes pédagogiques bénéficieront d’un “fonds d’innovation pédagogique” doté de 500 millions d’euros. Mais pour les principaux acteurs, la feuille de route n’est pas claire et ne semble pas répondre à la crise actuelle, celle du recrutement des enseignants et du pouvoir d’achat.
“S’il s’agit de mettre les parents d’élèves et les personnels à la même table, ça s’appelle un conseil d’administration et on sait faire”, note Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du syndicat des chefs d’établissement SNPDEN-UNSA. D’autre part, les sites ne voudront pas organiser les choses s’ils sentent que cela ne fonctionnera pas par la suite. Emmanuel Macron a insisté sur la “liberté” des équipes éducatives de proposer ou non des projets. Pour Bruno Bobkiewicz, choisir de participer “est déjà une manière d’admettre que ce n’est pas une si bonne idée”.
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“L’école n’a pas besoin de lancer des projets, elle a besoin de fonds”, a prévenu Ghislen David du SNUipp-FSU, tandis que le chef de l’Etat a exprimé sa conviction que des fonds supplémentaires ne résoudront pas les difficultés.
L’idée d’indexer les financements des projets inquiète également : quid de ceux qui n’ont rien proposé, faute de temps ou parce que certains personnels s’y sont opposés ? “On va passer trois mois à débattre pour qu’ils finissent par nous donner des tablettes, parce que ça finit toujours comme ça”, a taquiné Jean-Rémy Girard du Syndicat national des lycées et collèges (SNALC). “Qu’ils investissent ces 500 millions d’euros pour rattraper les salaires, ça ira plus vite. »
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