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« Arlette » : le grand retour de Maripier Morin

Depuis deux ans, Maripier Morin a pris sa vie en main. Discrète mais active, elle concentre son énergie sur sa famille, sa thérapie, ainsi que sur le travail caritatif de lutte contre les addictions. Celle qui est désormais maman s’apprête également à assumer la performance de pointe du film Arlette, une étape supplémentaire dans un parcours semé d’embûches.

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Lors d’une conférence de presse tenue quelques jours avant la première de son nouveau film Arlette, Maripier Morin n’a pas évité les questions sur le scandale qui a secoué la province en juillet 2020, lorsque Safia Nolin a posté sur les réseaux sociaux des accusations de violences sexuelles et de harcèlement à son encontre; ni le témoignage de cinq autres personnes, au cours de l’année suivante, qui ont fait état de comportements, gestes et répliques inappropriés de la part de l’ancien animateur.

Car en deux ans Maripier Morin s’est développé, a progressé, a travaillé sur lui-même, ce qu’il continue de faire aujourd’hui. “J’ai pris mes responsabilités, j’ai fait mon chemin. […] Lorsque ce cas est sorti, j’ai dit : « J’ai eu un comportement problématique, je vais faire mes devoirs et je reviendrai. » Elle a expliqué qu’elle avait entamé « un processus d’intégrité et d’honnêteté. […] Je suis alcoolique, toxicomane et toujours en thérapie, mais cela n’excuse pas mes actes. Mais il est de ma responsabilité que cela ne se reproduise plus jamais. […] Les gens disent : “Elle donne tout à l’alcool.” Ce n’est pas vrai. Ça contextualise, ça explique mieux pourquoi j’ai fait ça, parce que je ne le ferais jamais à jeun. Mais ce n’est pas une excuse.”

Dès qu’elle a lu le scénario d’Arlette, en octobre 2020, elle a voulu décrocher ce rôle de toutes ses forces. « J’ai immédiatement fait beaucoup de parallèles. J’étais énervé. Ça m’a donné tellement de choses à faire », se souvient-elle. Et elle s’est préparée pour les auditions. “Je l’ai senti en moi, j’ai senti que j’avais des choses à régler à cause de ce film.”

exorcisme

Les parallèles entre Arlette, une jeune femme nommée ministre de la Culture qui doit apprendre à composer avec la misogynie et les injures du monde politique, et l’ancienne animatrice vedette sont sans équivoque.

“Oui, le film a été une thérapie pour moi”, a-t-elle déclaré. Le rapport à l’image exploré chez Arlette, cette « recherche constante d’être vu, d’exister, d’être toujours meilleur, parfait, me rendait malade. J’ai trouvé ça beau de faire passer ça à travers un personnage. Même aujourd’hui, les réseaux sociaux sont super toxiques pour moi. J’essaie toujours de renouer avec l’image. Et pendant le tournage, son psychologue lui a même lancé le défi quotidien de “se regarder dans le miroir et de dire : ‘Aujourd’hui, c’était bien’.

Si elle a eu la force d’affronter le scandale après avoir été libérée par ses sponsors, c’est grâce au patinage artistique, qu’elle a pratiqué pendant 16 ans. “Apprendre à tomber… Je pense que c’est le sport le plus endurant au monde parce qu’on tombe. Ce parcours d’athlète me permettra d’avoir la résilience de dire que je suis tombé très, très bas, que ça fait vraiment mal, mais que j’ai peut-être besoin de me relever et d’avoir la vie que je veux.

Et c’est loin d’être facile, même aujourd’hui. “C’est une envie d’avoir une relation saine avec mon travail. Je n’y suis pas arrivé, pas du tout. “J’étais très stressée hier et mon copain m’a rappelé que je l’avais appelé quand j’étais en thérapie pour lui dire pour la première fois que je n’existais pas”, a-t-elle dit en pleurant. Aujourd’hui, je suis face à ça : si les gens n’aiment pas le film… Je dois pouvoir mettre de la distance entre ma valeur d’être humain et mon travail.”

Pense-t-elle qu’elle sera un jour pardonnée ? “Je ne décide pas. Le public décidera. Si le public va voir le film, que les gens sont curieux et en ont envie, ça veut dire que j’ai le droit de faire mon travail.

Arlette débarque sur les écrans à la campagne à partir du 5 août.

DEVIS

“Je veux être optimiste. J’ai choisi la lumière, j’ai choisi le reste de ma vie pour être belle et heureuse. La pire chose qui aurait pu m’arriver à 33 ans, quand c’est arrivé, allait devenir amère.”

“J’avais hâte de mettre l’accent sur autre chose que moi-même et de me concentrer sur un rôle plus important, qui est d’élever un enfant.”

“Je ne vis pas tout ça si je n’ai pas de psychologue, si je ne suis pas suivie, si mon copain n’est pas là, si mes parents ne sont pas là pour moi non plus.”

« Tout ce qui vient avec la maternité est extraordinaire. Vous apprenez et apprenez beaucoup de choses. J’ai toujours eu les deux mains sur le poteau voulant être en contrôle et je ne contrôle plus rien. Le lâcher-prise est une sacrée belle école. Et ma fille me l’apprend tous les jours.