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Arme nucléaire | Front uni américano-israélien contre l’Iran

(Jérusalem) Les États-Unis et Israël se sont unis jeudi, malgré des divergences sur la manière de procéder, pour faire en sorte que l’Iran n’acquière “jamais” l’arme nucléaire, Washington s’engageant à utiliser “toute sa puissance pour y parvenir”.

Publié à 7h43 Mis à jour à 11h01

Aurélia END Agence France-Presse

A l’occasion de sa première visite au Moyen-Orient, Joe Biden a signé avec le Premier ministre israélien Yair Lapid la “Déclaration de Jérusalem sur le partenariat stratégique entre les Etats-Unis et Israël”, consacrée en partie au dossier nucléaire iranien.

Selon ce texte, les États-Unis “s’engagent à ne jamais permettre à l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire et à utiliser tous les éléments de sa puissance nationale pour s’en assurer”.

L’attitude d’acceptation envers Téhéran est source d’hésitations entre les États-Unis, qui voudraient tenter la voie diplomatique en renouant avec un accord de 2015 visant à garantir le caractère civil du programme nucléaire iranien, et Israël, qui s’oppose à ce pacte international et veut maintenir les sanctions contre l’Iran.

Considéré par les experts comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, Israël accuse l’Iran, son ennemi juré, de vouloir acquérir la bombe atomique, ce que le pays dément avec véhémence.

“C’était une énorme erreur de la part du dernier président de se retirer de l’accord parce qu’ils (les Iraniens) sont plus proches des armes nucléaires aujourd’hui qu’ils ne l’étaient auparavant”, a déclaré Biden dans une interview à la Douzième chaîne israélienne diffusée mercredi soir.

Il faisait référence au retrait unilatéral de l’accord nucléaire conclu en 2018 par l’ancien président américain Donald Trump, qui a réimposé des sanctions sévères à l’Iran en réponse au retrait progressif de Téhéran de l’accord de 2015.

Lorsqu’on lui a demandé s’il était prêt à utiliser la force pour s’assurer que l’Iran n’obtiendrait pas d’armes nucléaires, M. Biden a répondu : “oui, en dernier recours”.

Mais jeudi, M. Biden a dit préférer la voie diplomatique, tout en précisant que les États-Unis n’« attendraient pas indéfiniment » que l’Iran parvienne à un accord visant à relancer le pacte moribond de 2015 alors que les négociations piétinaient.

langage du pouvoir

Les dirigeants israéliens ont réitéré ces derniers mois que leur pays entendait maintenir sa “liberté d’action” contre l’Iran même en cas d’accord sur le nucléaire.

“La seule chose qui arrêtera l’Iran, c’est de savoir que s’il continue à développer son programme nucléaire, le monde libre utilisera la force.” La seule façon de l’arrêter est avec une menace militaire crédible », a déclaré M. Lapid jeudi lors d’un briefing avec M. Biden.

Cependant, dans la “Déclaration de Jérusalem”, Washington s’est engagé à “préserver et renforcer la capacité d’Israël à dissuader ses ennemis et à se défendre contre toute menace”.

En réponse à la signature du partenariat stratégique israélo-américain, le président iranien Ebrahim Raisi a mis en garde Washington et ses alliés contre toute tentative, selon lui, de déstabilisation de la région.

“Je déclare aux Américains et à leurs alliés régionaux que la nation iranienne n’acceptera aucune incertitude et crise dans la région”, a-t-il dit, avertissant que “toute erreur dans cette région recevra une réponse ferme et regrettable”.

Israël craint, entre autres, que la levée des sanctions ne remplisse les caisses de l’Iran, lui permettant d’accroître son soutien à ses alliés régionaux comme le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien, chouchous de l’Etat hébreu.

Les États-Unis de Biden, qui tentent d’étendre le processus de normalisation entre Israël et les pays arabes lancé par Donald Trump, “se sont engagés à travailler avec d’autres partenaires face à l’agression et aux activités déstabilisatrices iraniennes”, selon le communiqué.

Le Hamas au pouvoir à Gaza cette semaine “a mis en garde contre l’élargissement du processus de normalisation” et a condamné la visite de Biden, qui “représente le soutien absolu des États-Unis à l’occupation (israélienne)”.

La “Déclaration de Jérusalem” a également souligné que les États-Unis et Israël coopéreraient pour développer des systèmes de défense laser pour “protéger l’espace aérien d’Israël”.

Dès son arrivée à Tel-Aviv mercredi, l’armée israélienne a présenté à M. Biden des vidéos montrant des interceptions de drones par l’Iron Beam, un nouveau dispositif de défense aérienne à base de laser.

Aide aux Palestiniens

La visite de Joe Biden est destinée à Washington pour rappeler son influence dans une région qui jusqu’à présent n’était pas une priorité de l’administration démocrate, particulièrement obsédée par la Chine et la Russie.

Alors que presque toutes les administrations américaines ont concentré beaucoup d’efforts diplomatiques sur le Moyen-Orient, avec des initiatives majeures sur le processus de paix israélo-palestinien, celle de Joe Biden est jusqu’à présent restée en veilleuse.

Le président prévoit, selon un haut responsable américain, d’annoncer vendredi, lors d’une rencontre avec le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas en Cisjordanie occupée, une aide “significative” pour les hôpitaux de Jérusalem-Est et un projet de développement d’un réseau 4G à la fois dans la Cisjordanie et Gaza.

Après Israël, M. Biden se rend vendredi après-midi en Arabie saoudite, rival régional de l’Iran.

Là, il pourra annoncer des mesures en faveur d’une hypothétique normalisation entre le royaume saoudien et Israël, et surtout il tentera de convaincre cette puissance pétrolière d’ouvrir les vannes pour calmer les prix.