Considéré comme un “révélateur” par les comploteurs, un juge agaçant qui s’est déjà plaint de “femmes contre hommes” a été arrêté ce printemps en possession de nombreuses armes à feu et de milliers d’obus. Mark Majandi était déjà soupçonné d’avoir menacé un ministre et d’avoir tenu des propos “inquiétants” auprès de femmes.
Publié à 17h00
Presse Louis-Samuel Perón
Le Lavallois de 61 ans a été la cible d’une “recherche préventive d’armes à feu” en mars dernier, a indiqué à La Presse le lieutenant Benoit Richard, porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ).
“Après avoir reçu l’information de la police, nous avons demandé une interdiction préventive des armes à feu. Pourtant, lorsque les policiers sont arrivés, il y avait des armes mal entreposées et des engins prohibés », a expliqué le lieutenant Richard. Les armes à feu ont alors été saisies.
Selon une source policière, Mark Magendi disposait de tout un arsenal : près d’une dizaine d’armes à feu, ainsi que plus de 5 000 obus alors qu’il n’était pas un chasseur chevronné.
Le 25 mai, Mark Magendi a été accusé de possession d’une arme à feu en violation de la loi sur les armes à feu et de possession d’un dispositif prohibé, à savoir le D&H Tactical Magazine d’une capacité de “30 cartouches”. En règle générale, la capacité maximale légale de la cartouche est de cinq ou dix coups.
Il doit comparaître devant le tribunal de Laval le 14 juin pour ces accusations sommaires.
Mark Majandi est devenu célèbre dans les milieux complotistes à l’automne 2018 sur la chaîne d’information alternative d’André Pitre Stu-Dio, aujourd’hui interdite par YouTube. Présenté comme un « révélateur », aux côtés de Ken Pereira, Marc Magendi dénonce une « énorme » fraude de 80 à 100 millions de dollars, prétendument cachée par Revenu Québec.
Juste plus que pareil
Ce n’est pas la première fouille des armes à feu de Mark Magendi. En 2011, la police a reçu l’ordre de saisir un pistolet Smith & Wesson 9 mm à son domicile après qu’il ait fait des remarques inquiétantes sur un homme qu’il “fixait” et dont nous ne pouvons pas révéler le nom.
Devant la police, Mark Magendi a également qualifié deux sergents-détectives et un professionnel de “femmes contre hommes”, selon le mandat de perquisition.
L’arme, que la police a finalement trouvée dans un club de tir dont M. Magendi était membre, était légalement enregistrée, mais comme M. Magendi s’était vu refuser le renouvellement de son permis d’armes à feu quelques mois plus tôt, sa possession était interdite, selon un affidavit fait par un policier.
Des documents judiciaires ajoutent que M. Majandi était également soupçonné de menaces téléphoniques contre le ministre de la Santé de l’époque, le Dr Yves Bolduk, en juillet 2010.
M. Magendi avait déclaré : “il apportera un cadeau au cabinet du ministre et il espère qu’il ira bien. Puis fermez-le », lit le mandat de perquisition.
Cependant, l’enquête de la SQ n’a jamais abouti à des accusations.
M. Magendi a expliqué plus tard que “son cadeau consiste en des lettres envoyées à des politiciens” qui “contiennent des remarques misogynes et traitent de la question du financement des refuges pour femmes”, a indiqué la recherche.
D’autre part, la police a confirmé dans l’ordonnance que Mark Magendi avait reçu un permis d’armes à feu en 2003, “malgré le fait qu’il était soupçonné d’avoir menacé et dirigé des armes à feu en 2001”.
Rappelons que Mark Magendi n’a pas de casier judiciaire, selon le document informatisé.
Retour à la maison
Mark Majandi est un représentant régulier de la magistrature. Au cours des dernières années, il a déposé au moins 105 plaintes contre un avocat devant le Conseil de discipline du Barreau du Québec. Ainsi, plus de 26 juges ont dû connaître des requêtes de Mark Majandi depuis 2005, selon un arrêt de la Cour suprême.
” [L]sont des plaintes et [l]Il y a des procédures contre tous ceux qui s’opposent à lui […] son arme favorite », écrivait le juge Pierre Journet en décembre 2017. Le magistrat a déclaré M. Majandi participant querelleur devant le Conseil de discipline de l’Ordre des avocats, ainsi que devant la Cour de cassation à l’égard d’un invocable et de ses avocats.
En collaboration avec Tristan Pelokin, La Presse
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