France

Au Cameroun, Macron inaugure un nouveau projet mémorial

Emmanuel Macron et le président camerounais Paul Biya au palais présidentiel de Yaoundé le 26 juillet 2022. JEAN-CLAUDE COUTOS POUR LE MONDE

Le geste commémoratif a été discuté d’abord avec Paul Biya, l’irremplaçable président camerounais, puis avec des jeunes de la société civile. Mardi 26 juillet, dans la capitale Yaoundé, Emmanuel Macron a tenté d’ouvrir une nouvelle page dans les relations souvent tendues entre le Cameroun et la France : le chef de l’Etat a proposé la création d’une commission d’historiens des deux pays chargée de “faire la lumière” sur l’attitude des autorités françaises lors de la colonisation et après l’indépendance formelle du pays en 1960. L’initiative est la principale nouvelle de la visite dans ce pays d’Afrique centrale, qui a débuté lundi soir, au début d’une tournée qui devait emmener M. Macron au Bénin mercredi, puis en Guinée-Bissau jeudi.

Lors de cette visite – la première en Afrique depuis la réélection de M. Macron – la chaleur de l’accueil se voulait à la hauteur des relations entre la France et le Cameroun, longtemps considéré comme un pilier de la “Françafrique”. Cependant, les chants et les danses des petites foules rassemblées au passage du convoi présidentiel ne peuvent faire oublier l’ampleur du site mémoriel ainsi dessiné.

Ouverture “totale” des archives françaises

Aux yeux du chef de l’Etat, la démarche ne devrait ni plus ni moins contribuer au renouveau des relations entre le pays et l’ancienne puissance coloniale au moment où cette dernière connaît une nette perte d’influence dans la région. “Si on veut aller plus loin entre le Cameroun et la France, il faut emprunter cette voie”, a-t-il justifié, promettant l’ouverture “entière” des archives françaises, diplomatiques et militaires, dans les moments “douloureux” et “tragiques”.

Lire aussi : Au Cameroun, Emmanuel Macron demande aux historiens de “faire la lumière” sur les actions de la France pendant la colonisation et après l’indépendance

Des “moments douloureux” largement méconnus du grand public en France. Les autorités coloniales de l’époque sont accusées de réprimer les “coquelicots” de l’Union de la population du Cameroun (UPC), parti nationaliste fondé à la fin des années 1940 et engagé dans la lutte armée contre le colonisateur et ses alliés camerounais, notamment dans le Pays Bamiléké. Entre 1955, date des premières rébellions, et 1970, plusieurs dizaines de milliers, voire centaines de milliers de combattants sont massacrés par l’armée française puis, après l’indépendance, par l’armée camerounaise d’Ahmadu Ahidjo, auquel succèdera Paul Biya. 1982 .

Lors de la rencontre avec la communauté française à l’Ambassade de France à Yaoundé, le 26 juillet 2022. JEAN-CLAUDE COUTOS POUR « LE MONDE »

Régime alimentaire en fin de course

Dans l’imposant palais présidentiel sur les hauteurs de Yaoundé, le président camerounais, qui organise doucement sa succession, n’a pas commenté l’initiative. Par deux fois, lors de la conférence de presse conjointe, Paul Biya, 89 ans, a fait semblant de ne pas entendre les questions, obligeant Emmanuel Macron à s’adresser aux journalistes, notamment lorsqu’on lui a demandé si cela comptait, briguer un neuvième mandat aux prochaines élections de 2025. M.

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