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Au Royaume-Uni, le chancelier de l’Échiquier a été limogé, Liz Truss fait l’actualité

Liz Truss, à Londres, le 14 octobre 2022. DANIEL LEAL / AP

D’une voix vide, Liz Truss a tenté, vendredi 14 octobre, de tirer un trait sur ses débuts catastrophiques à la tête du gouvernement britannique. Moins de six semaines après être devenue Premier ministre et trois semaines après avoir présenté le budget qui a déclenché la panique financière, elle a convoqué une conférence de presse d’urgence. Elle y a annoncé qu’elle avait limogé Kwasi Kwarteng, le ministre des Finances (ministre des Finances) dont elle était très proche, et qu’elle avait abandonné une mesure clé de son budget, augmentant enfin l’impôt sur les sociétés. “La priorité est d’assurer la stabilité économique. (…) C’est difficile, mais nous traverserons la tempête. »

Mme Truss, qui n’a répondu qu’à quatre questions et a mis fin à la conférence de presse après neuf minutes, a nommé Jeremy Hunt, un membre du Parti conservateur évincé du gouvernement il y a trois ans, comme nouveau chancelier. Symbole de l’instabilité actuelle de la politique britannique, il est le quatrième titulaire depuis le début de l’année. Il faut remonter à 1834 pour retrouver une série de successions aussi rapides.

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Le mandat de Liz Truss à la tête du gouvernement britannique, qui n’a commencé que le 6 septembre, a commencé à s’effondrer le 23 septembre lorsque sa chancelière a présenté le budget. En plus de geler les factures de gaz et d’électricité (au double du niveau de l’an dernier, après tout), il a annoncé les plus importantes réductions d’impôts depuis 1972, sans en expliquer le financement. Alarmés, les marchés financiers ont immédiatement sanctionné la mesure : la livre sterling est tombée à un plus bas historique face au dollar et les taux d’intérêt sur les emprunts britanniques se sont envolés. Il a fallu l’intervention de la Banque d’Angleterre pour ramener le calme. Les sondages suivent la tendance : les conservateurs sont désormais à la traîne des travaillistes de vingt-six points en moyenne, à 26 % contre 50 %.

autorité brisée

M. Kwarteng et Mme Truss, des amis proches qui avaient préparé le budget ensemble tout l’été, ont tenté de sortir de cette très mauvaise passe. Ils ont d’abord annoncé l’annulation de la baisse de l’impôt sur le revenu pour les plus riches (qui devait passer de 45 % à 40 % au-delà de 172 000 € annuels). Puis, face à la rébellion interne au Parti conservateur et à la nervosité persistante des marchés, le Premier ministre a décidé jeudi soir de se débarrasser de M. Kwarteng. Ce dernier est revenu en urgence de Washington, où se tenait l’assemblée annuelle du Fonds monétaire international, pour remettre sa démission. Il a duré trente-huit jours en fonction.

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