Apple Store sur la 5e Avenue, à New York, aux États-Unis, en septembre 2020. ANGELA WEIS / AFP
Après Amazon et Starbucks, c’est au tour d’Apple d’accepter la création d’une alliance au niveau d’une de ses succursales aux Etats-Unis. D’abord pour le géant de la technologie, qui a jusqu’ici tenté de décourager les tentatives de syndicalisation. Sur les 110 employés de l’Apple Store de Towson, dans le Maryland, 65 ont voté pour et 33 contre, selon un recensement en direct samedi 18 juin par l’agence fédérale chargée de superviser le vote.
« Nous l’avons fait, Towson ! Nous avons gagné! Merci à tous ceux qui ont travaillé dur et nous ont soutenus ! “Le compte Twitter d’AppleCORE (Apple Distribution Coalition Coalition) a répondu lorsque les employés qui ont mené la campagne ont été nommés. Ils ont besoin d’avoir leur mot à dire lorsqu’ils décident des salaires, des horaires et des mesures de sécurité. “Aujourd’hui, nous célébrons avec l’association des chauffeurs. Demain nous continuerons la mobilisation”, ont-ils ajouté.
Nous l’avons fait, Towson ! Nous avons gagné le vote syndical! Merci à tous ceux qui ont travaillé si dur et à tous ceux qui ont soutenu ! Maintenant, nous célébrons avec… https://t.co/0M0wAZdHIa
– acoreunion (@acoreunion)
Le résultat de samedi signifie que les travailleurs des magasins qui ont été appelés à voter mercredi doivent former leur propre branche du syndicat IAM après que l’agence a vérifié les résultats.
Les tentatives de découragement
Ce n’était pas le premier Apple Store à essayer de fusionner, mais c’était la première tentative à mener à un vote. La directrice de la distribution et des ressources humaines d’Apple, Deirdre O’Brien, a visité le magasin en mai pour s’adresser aux employés. “C’est votre droit d’adhérer à un syndicat, mais c’est aussi votre droit de ne pas adhérer à un syndicat”, leur a-t-elle dit, selon un clip audio de Vice.
Elle a assuré que la présence d’un intermédiaire va compliquer les relations entre Apple et ses employés. “Je crains qu’une organisation ne se trouve au milieu de notre relation, une organisation qui n’a pas une compréhension approfondie d’Apple et de notre entreprise”, a-t-elle déclaré. “Et surtout, une organisation qui, je pense, ne partage pas notre engagement envers vous.” Le groupe californien contacté par l’AFP s’est refusé à tout commentaire sur la nouvelle.
Le syndicat IAM a dénoncé en amont des tentatives pour décourager les salariés de voter en faveur de la syndicalisation. Dans une vidéo réalisée par la publication syndicale More Perfect Union, des militants d’AppleCORE ont exprimé leur “dégoût” face à des réunions qui semblaient les dissuader. “On nous a dit qu’Apple offrait beaucoup d’avantages, vous devriez être reconnaissants”, a déclaré l’un d’eux. “Je salue le courage dont ont fait preuve les membres de CORE (…) pour remporter cette victoire historique”, a déclaré Robert Martinez, président d’IAM International, dans un communiqué du syndicat.
Lire aussi : Article réservé à nos abonnés “Le Starbucks Workers United s’installe progressivement aux Etats-Unis”
Un syndicalisme florissant
“Ils ont fait un énorme sacrifice pour des millions d’employés d’Apple à travers le pays, qui ont tous regardé les élections”, a-t-il déclaré, ajoutant que le vote était le signe d’une demande croissante de syndicats dans le pays. Magasins Apple et autres industries. Il a également appelé Tim Cook, le patron du fabricant d’iPhone, à respecter le résultat et à accepter rapidement une convention collective avec la nouvelle branche syndicale.
En déclin depuis plusieurs décennies, les syndicats ont remporté plusieurs victoires symboliques aux Etats-Unis ces derniers mois, à commencer par le soutien explicite de Joe Biden. La création du premier syndicat chez Starbucks, directement géré par la chaîne aux Etats-Unis en décembre, a suscité l’enthousiasme des salariés, souvent jeunes et éduqués, mobilisés dans les ONG, les universités, les musées et les médias.
Chez Amazon, les magasiniers de New York ont créé la surprise début avril en votant à la majorité en faveur de la création d’un syndicat, une première pour le groupe aux Etats-Unis. Mais cette victoire isolée (après deux échecs en Alabama et avant un autre échec dans un centre de tri à New York) ne s’est pour l’instant pas transformée en négociations significatives. L’entreprise a appelé à l’annulation du résultat et à la tenue d’un second vote, notamment au motif qu’elle estimait que le syndicat intimiderait les salariés pour les inciter à voter “oui”.
Lire aussi : La création d’un deuxième syndicat dans l’entrepôt d’Amazon à New York échoue
Le monde avec l’AFP
Add Comment