L’église Sainte-Marguerite du Vésinet était comble, vendredi 8 juillet, pour les obsèques de l’abbé François de Foucault, ancien curé de Bois-d’Arcy. Ce prêtre du diocèse de Versailles a été retrouvé mort le 1er juillet en forêt de Rambouillet. Son suicide a provoqué une très forte émotion, bien au-delà de l’ouest parisien.
Si les causes sous-jacentes qui conduisent au suicide sont toujours complexes, il était évident pour tous que le Père de Foucault luttait depuis plusieurs mois dans des souffrances débilitantes. Le prêtre, sans mission depuis septembre dernier, a accusé le diocèse d’abus de pouvoir à son encontre. Ses funérailles ont été célébrées en l’absence de l’évêque de Versailles, Mgr. Luke Crepi, à la demande de la famille. Pendant la liturgie, ce dernier se retirait en prière pour le défunt, a-t-il rapporté.
Dans le cimetière, en ce vendredi après-midi, la foule s’installe pour remplir des cahiers de condoléances. Parmi eux, une paroissienne qui témoigne de son ordination : « Je le voyais en évêque, c’était une personne extraordinaire ! “Il s’est mis au service des jeunes avant même d’être ordonné”, a souligné Monseigneur Philippe Brizar, ami de la famille, dans son homélie. Avec sa “viande pour les curieux” “il cherchait un moyen d’atteindre le plus loin”, a poursuivi l’ancien directeur général de “La Cause de l’Orient”.
“Un vrai accueil”
Nicolas, un jeune paroissien, retranché sur la place, s’exclame : « J’ai reçu un vrai accueil digne d’un prêtre. Au Bois-d’Arcy, le père de Foucault l’encourage et lui propose de “jouer du piano pendant les fêtes”, explique-t-il. “Il m’a marqué dans ma vie.” Benoît, un jeune paroissien de Will, où le père de Foucault était vicaire, se souvient d’un repas à sa table. “Il m’a marqué ce jour-là et quand j’ai appris sa mort j’ai eu envie de lui rendre hommage. »
“Je dois dire la vérité qu’il avait des difficultés avec l’autorité”, a noté Mgr Brizard, rappelant “un trait de sa personnalité” semblable à celui de son prédécesseur Charles de Foucault. “Mais pour sa défense, il avait un stress psychologique qui pouvait le fatiguer…” Le prélat n’aura pas le temps de finir sa phrase : alors son sermon est brièvement interrompu par un chant. Il poursuivra plus tard : « La foi chrétienne n’évacue rien des réalités. »
« Rallumez le micro ! » »
La cérémonie, présidée par le curé de Trappe, l’abbé Etienne Guillet, ami de François de Foucault, et préparée avec beaucoup de soin, subit une nouvelle interruption. Après la consécration du cercueil au son des cors de chasse, un oncle de l’ancien curé de Bois-d’Arcy a pris la parole spontanément. « Chère famille, chers paroissiens… Nous nous posons tous la même question : vous êtes-vous suicidé ou vous êtes-vous suicidé ? »
Et ce proche d’une suite : « Vous avez condamné à votre niveau les abus de pouvoir excessifs et la restriction au silence que vous ont imposés vos deux évêques. Ces paroles ont été accueillies par des applaudissements nourris. Le microphone est alors coupé à nouveau, provoquant la colère d’une partie de la congrégation. « Rallumez le micro ! » « crient quelques fidèles au fond de l’église.
Après cela, plusieurs personnes dans le public quittent l’église. Mais la plupart se précipitent pour accéder à l’arche. Et la fête, riche de nombreux moments forts, se termine par une accalmie après l’effervescence. “L’Église ne comprend pas, elle ne fait rien pour ses prêtres”, a déclaré Florence, une paroissienne de Wie. Son frère, également prêtre, a lui aussi découvert le corps sans vie d’un collègue : « Cela ne devrait plus se reproduire. »
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