France

avec “Coupez ! », Michelle Hazanavičius signe une agréable ode à l’amateurisme

Réalisé par Remi/Higurashi (Romain Duris), Nadia/Natsumi (Bérénice Bejo) et Romi (Simone Hazanavicius), dans « Coupez ! par Michel Hazanavičius. LISA RITANI

L’AVIS DU MONDE – POURQUOI LA SÉLECTION OFFICIELLE EST HORS COMPÉTITION

A trois semaines du début des hostilités du 75e Festival de Cannes en plein air du film d’ouverture, le dernier long métrage de Michel Hazanavicius (OSS 117, L’Artiste) faisait déjà parler de lui, au départ de son premier titre annoncé, Z Z ), une lettre devenue rare pour les connaissances avec l’acronyme incendiaire indiqué par les chars russes entrant en Ukraine.

Rebaptisé plus diplomatiquement Cut !, le film s’identifie plus facilement, au-delà du démenti, au mannequin japonais high-concept, dont la version française est Ne cut ! (2017), de Shinichiro Ueda. Cette comédie d’horreur, connue pour profiter du budget fronde, est devenue un phénomène dans l’archipel, faisant alors l’objet d’une franchise dupliquée dans plusieurs pays.

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Adepte du berger et de la diversion, Michelle Hazanavičius trouve dans le remake un terrain de jeu à sa guise, puisqu’il s’agit de monter un film avec un zombie fracassé et donc de jouer à différents niveaux de métalangage. Dans un immeuble désaffecté, le réalisateur de la série Z (Romain Duris) tente d’arracher à son actrice (Matilda Lutz) une expression d’horreur lorsque de vrais morts-vivants surgis de nulle part prennent d’assaut son équipe (dont Bérénice Bejo en maquilleuse et Grégory Gadebois en caméraman).

Mais quelque chose ne va pas dans la forme : des acteurs qui jouent mal ou semblent meubler, la caméra qui ne suit pas toujours et reste parfois bloquée dans un champ vide, des réponses pas à pas, des regards incohérents… plan – demi- séquence d’une heure, série entière d’obstacles dans le contrat de performance, comme un sketch ridicule qui générerait des trucs grossiers pour mieux en rire.

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Profession de foi

L’histoire remonte alors à trois mois, lorsque le même réalisateur, qui était coincé dans le travail télévisuel, a été sollicité par des producteurs japonais pour réaliser un film d’horreur, mais dans des conditions de direct et selon certains un peu aléatoires (les personnages doivent avoir des noms japonais).

« Couper ! » est une façon de briser le totem du cinéma, vécu comme un surmoi lourd, de louer le travail d’équipe et le plaisir qui découle de son autodidacte.

On remonte donc à l’époque du tournage, mais reproduit cette fois sous l’angle de sa réalisation, en proie à la précarité et aux accidents de toutes sortes (caméraman accroché par un carabinier, jeune comédien au melon bien gonflé, incarné par Finegan Oldfield), expliquant une à une les lacunes notées précédemment. Cette partie s’avère bien plus sympathique, et parfois même plus drôle, car elle reconnaît dans l’approximatif et le « mal fait » une sorte de poésie de l’enthousiasme, un amour du cinéma amateur, qui aurait le privilège de l’authenticité.

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