Tout d’abord, ne manquez pas l’atterrissage. Elizabeth Bourne n’a pas le choix : si elle veut rester à Matignon, le nouveau Premier ministre sera contraint de remporter les élections législatives des 12 et 19 juin. Lui qui n’a jamais côtoyé le suffrage universel cherche à se faire élire dans la 6e circonscription du Calvados, au coeur de la pétanque normande. Pour son baptême du feu, la chef du gouvernement a a priori peu de risques : elle a été parachutée en territoire assez favorable à Emmanuel Macron, où ce dernier menait par près de 31 % des suffrages au premier tour de la présidentielle.
En toute logique, l’ancien ministre du Travail fait figure de favori au premier tour, devant Noah Goshar, candidat de la Nouvelle Union populaire environnementale et sociale (Nupes). Avant que le vainqueur ne soit donné au second tour. Malgré ces vents violents, Mme Bourne “a fait campagne avec diligence sur le terrain”, a-t-elle dit, notant que le match était terminé. Son principal adversaire rêve de créer la surprise en profitant de l’élan enregistré par le Nupes et de la mobilisation des électeurs contre Macron. “Pouvoir faire démissionner le Premier ministre grâce aux scrutins est l’un des arguments qui mobilise les gens”, a déclaré Noah Goshar, un étudiant écologiste de 22 ans qui a déclaré que Mme Bourne n’était “pas rassurée”. Référence à son refus de participer au débat télévisé qui a réuni tous les candidats de la circonscription le 5 juin sur France 3.
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Si elle parvient à surmonter ce premier obstacle, le plus dur commencera pour la locataire de Matignon, qui aura de nombreux défis à surmonter. Elle devra d’abord s’imposer comme leader de la majorité, en réussissant à fidéliser les eurodéputés de La République en marche (LRM), du MoDem, d’Horizons ou encore d’Agir. Une tâche dont la difficulté dépendra du résultat des élections législatives. Si les macronistes parviennent à obtenir à eux seuls la majorité absolue, l’ancien préfet ne devrait avoir aucun mal à dicter le comportement d’un groupe dont la loyauté envers le président de la république reste la principale boussole. Mais en cas de majorité relative, il devra composer avec les troupes de l’actuel président François Bayrou et celles de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe. Soit deux politiciens au caractère plus fort et plus expérimentés qu’elle. Le 8 juin, le maire du Havre a prévenu que la majorité ne devait pas être “servile”.
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