France

Avec #PasDeRentréeEnSeptembre Pap Ndiaye affronte la première fronde des enseignants

Le nouveau ministre de l’Éducation s’est déjà aliéné certains enseignants depuis son premier entretien.

La lune de miel entre Pap Ndiaye et le monde enseignant n’a pas duré longtemps. Lors de sa nomination, Pap Ndiaye a été dépeint comme un “anti-Blanker”, tout le contraire de son prédécesseur au ministère de l’Education, qui a cristallisé pendant cinq ans les foudres du monde enseignant. Les espoirs du milieu éducatif ont déjà été sérieusement mis à mal après la première interview du ministre, accordée au Parisien.

Si Pap Ndiaye évoque trois points de rupture par rapport à Jean-Michel Blanker – verdir l’école, privilégier le bien-être des élèves et des équipes éducatives, et lutter contre les inégalités scolaires – ses propos sur les salaires et la gestion des arrêts maladie sont moindres car 15 jours il y a eu un effet douche froide sur les professeurs.

Mesure inefficace à long terme ?

S’agissant des salaires, Pap Ndiaye a réaffirmé sa volonté de “relever le salaire de départ des jeunes à plus de 2 000 euros nets” en 2023. Une promesse déjà faite en août dernier par Jean-Michel Blanker, qui fixait l’horizon 2024. Objectif : améliorer l’attractivité de la profession qu’elle peine à attirer, tandis que la menace d’une pénurie d’enseignants à la rentrée se dessine en septembre.

Cependant, de nombreux professeurs regrettent qu’une telle mesure, sans augmenter les salaires des professeurs en cours de carrière, ne suffise pas à attirer. Plusieurs d’entre eux rapportent un salaire d’un peu plus de 2 000 euros après plusieurs années d’expérience.

“Toute la carrière doit être réévaluée et sans compensation !”

“Un peu plus de 12 ans de carrière et je gagne 2000 euros net. En 2023, je gagnerai autant qu’un enseignant débutant qui aura la perspective de rester 10/12 ans avec le même salaire ? Cela doit être amélioré… et sans compensation !”, a déclaré Sophie Veneti, professeur SES et secrétaire générale du SNES-FSU.

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Une mesure qui peut donc attirer de nouveaux enseignants, mais qui ne suffit pas à les inciter à rester faute d’évolution salariale tout au long de leur carrière.

Pap Ndiaye envisage de compenser les arrêts maladie de moins de 15 jours

Parmi les annonces de rémunération de Pap Ndiaye figure la mise en place d’une “part du salaire qui dépend des nouvelles tâches”, autrement dit, en échange d’une augmentation de la charge de travail. Une idée qui ne passe même pas parmi le corps enseignant.

Un autre élément de l’entretien avec le nouveau ministre, qui ne passe pas chez les enseignants, est la gestion des arrêts maladie de moins de 15 jours. Pap Ndiaye envisage que ces absences soient “compensées”. Autrement dit, « l’absence du professeur d’histoire géographie (sera) compensée par son collègue français (…) pour faire une double dose de français, et quand le collègue histoire géographie reviendra, il compensera en prenant des cours de français. Autrement dit, l’enseignant absent devra rattraper les heures perdues pendant son congé de maladie.

Faire grève en septembre ?

Un message qui ne passe pas chez les enseignants qui dénoncent le rejet de la législation du travail.

La colère est telle que certains enseignants envisagent déjà une grève de rentrée scolaire, une idée lancée sur Twitter avec #PasdeRentreeEnSeptembre.

Une difficulté supplémentaire pour Emmanuel Macron, qui doit composer avec une majorité relative pour gouverner, et qui doit changer de gouvernement dans les jours qui suivent la défaite de trois ministres aux législatives.

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