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Bernard Drainville : “Les Québécois n’ont pas d’appétit” pour l’indépendance

Très attendu par la presse, qui voulait comprendre les raisons de sa transformation en projet CAQ, l’ancien animateur de radio a fait valoir qu’il avait toujours été nationaliste et a noté ces dernières années que le vieux débat entre souverainistes et fédéralistes était devenu un faux dilemme. Rue.

Je pense qu’en tant que Québécois, on peut avancer avec notre statut actuel, avec les pouvoirs qu’on a, l’économie qu’on a, les institutions, la démocratie qu’on a, l’énergie verte qu’on a, les ressources naturelles qu’on a, le territoire, que nous avons, soutient-il.

Nous ne sommes pas condamnés à l’impuissance car nous n’avons pas toutes les forces. Nous pouvons agir et améliorer notre société et améliorer la vie des Québécois avec l’autonomie dont nous disposons.

«Je suis là où sont les Québécois d’aujourd’hui», a encore dit Bernard Drainville. Les Québécois veulent travailler ensemble. Que quelqu’un ait été fédéraliste ou souverain importe peu. Ils veulent que nous travaillions ensemble en tant que nationalistes.

“Il y a des gens qui disent que le nationalisme est quelque chose de terrible, de prudent, que c’est un repli, un refus de la diversité. Ce n’est pas le nationalisme avec lequel j’ai grandi. Le nationalisme que nous pratiquons au Québec depuis des générations est un nationalisme généreux […] qui apporte le progrès social […] qui est ouvert sur le monde. »

– Citation de Bernard Drainville, candidat CAQ à Lewis

Pressé de dire s’il était toujours souverain dans son cœur ou encore avec ce rêve dans son cœur, M. Drainville évita soigneusement la question. Je ne veux pas mener cette bataille. Ce n’est pas ma motivation, a-t-il répondu, arguant qu’il reviendrait autrement au Parti québécois.

L’ancien ministre péquiste et animateur Bernard Drainville a confirmé son retour en politique en sautant avec la CAQ de François Lego. Il parle à Patrice Roy.

Le débat entre le Québec et le Canada est clos, juge Drainville

Il y a une façon de faire avancer le Québec au sein du Canada, et c’est là-dessus que je veux me concentrer, a-t-il dit un peu plus tard sur ICI RDI.

Je ne reviens pas sur ce débat. [entre souverainistes et fédéralistes]; nous l’avons fait, ça suffit. Nous ne sommes pas condamnés à répéter sans cesse ce débat.

« La question de l’indépendance du Québec est devenue un débat théorique ; Je vis dans le monde réel. Je veux avancer et remplir mon rôle. »

– Citation de Bernard Drainville

Dans une entrevue avec Live with Patrice Roy, le candidat de la CAQ a décrit le programme d’immigration géré par le gouvernement fédéral comme un gâchis complet.

Ce faisant, M. Drainville a suivi les conseils de son chef, François Lego, qui a réclamé des pouvoirs en matière d’immigration, qui appartiennent actuellement au gouvernement fédéral. Une demande qui a été rapidement rejetée par Ottawa.

Je pense qu’on peut s’asseoir avec Ottawa et leur dire : « Écoutez, est-ce qu’on peut renégocier l’entente Québec-Ottawa sur l’immigration? On en prendra plus, ça vous facilitera la tâche », a déclaré M. Drainville.

Et qu’arriverait-il si le gouvernement fédéral refusait encore une fois de se joindre aux revendications du gouvernement Legault? Bernard Drainville dit vouloir attendre un éventuel second mandat à la CAQ avant de décider des prochaines étapes.

François Lego a officiellement dévoilé mardi le nouveau candidat CAQ à Lewis, l’ancien Pékinois et animateur radio Bernard Drainville.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Appel à la fonction publique

Bernard Drainville a déclaré qu’il n’envisageait pas de reprendre la politique jusqu’à ce que le directeur de cabinet du Premier ministre François Lego, Martin Koskinen, le contacte il y a dix jours. Quand le premier ministre vous dit qu’il aimerait que vous reveniez, vous pensez, expliqua-t-il.

“Dans mon cas, j’ai réfléchi quelques jours et j’ai décidé de quitter les tribunes, de remettre mes patins et de sauter sur la glace. C’est pourquoi je suis ici aujourd’hui. »

– Citation de Bernard Drainville, candidat CAQ à Lewis

Au lieu de cela, l’ancien député de Marie-Victorin a dit qu’il revenait en politique après une pause de six ans par amour pour le Québec, un désir de [sa] en partie parce qu’il a trouvé ces dernières années un vrai Premier ministre capable d’exercer un leadership et de prendre des décisions audacieuses.

Rassemblement, malgré les fentes mal taillées

M. Drainville a également réaffirmé son attachement aux réalisations et au projet du gouvernement : Loi 21, Loi 96, le Plan de transformation du système de santé, le Projet d’économie verte, la rémunération des enseignants et d’autres emplois où les femmes sont très actuelles, une troisième relation entre Lewis et Québec, etc. .

Tout n’est pas parfait, mais il l’a laissé tomber en disant que c’était normal d’avoir des encoches mal taillées, mais sans donner plus de détails. Invité à le faire, il dit qu’il aurait posé la même question s’il était encore journaliste, mais préfère désormais partager ses critiques au sein du parti.

Bernard Drainville (à gauche) et François Lego étaient attendus par la presse.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le nouveau candidat CAQ en a également profité pour s’en prendre à son ancien collègue péquiste Pascal Bérubé, qui l’a accusé d’être content de la CAQ dans ses chroniques politiques. Ces commentaires étaient un peu bon marché, a-t-il dit, convenant que cela faisait partie du jeu politique, mais le public dépendait de ses performances au cours des dernières années.

Le premier ministre de Lego, venu présenter son candidat aux citoyens de Lewis, considère la décision de M. Drainville de renoncer à une belle carrière payante dans le monde des médias pour venir servir les Québécois, sachant ce que cela signifie. . moyens.

Il a également trouvé presque insultant que des analystes voient déjà M. Drainville comme son successeur, soulignant qu’il était non seulement prêt à briguer un second mandat à la tête du gouvernement, mais qu’il n’excluait rien pour un troisième. Il n’y a pas de course prévue pour le leadership de sitôt, a-t-il déclaré.

Les critiques fusionnent

A l’Assemblée nationale, les partis d’opposition, qui préparent également les élections générales du 3 octobre, ont critiqué l’élection de Bernard Drainville, mais sous des angles différents.

Le chef parlementaire du Parti libéral du Québec, André Fortin, affirme que la foi souverainiste de l’ancien PQ était autrefois son plus grand atout politique et se demande ce qu’il en est advenu.

Même en octobre 2021, M. Drainville écrivait sur ses réseaux sociaux en réponse à un article [du chroniqueur] Mathieu Bock-Côté, intitulé Legault, peut donner naissance à Québec libre […] : “Cher Mathieu Boc-Kote, nous n’avons pas le luxe de la résignation, de l’abandon, de l’abdication. Quel que soit le cadre politique. Nous […] ont perduré sous toutes leurs formes. […] doit continuer […]”.

C’est Bernard Drainville en octobre 2021. Alors, si aujourd’hui il va essayer de nous faire croire qu’il a renoncé, qu’il a abdiqué, qu’il a démissionné pour l’indépendance du Québec, j’en ai beaucoup, mais très difficile à croire en ce. »

– Citation d’André Fortin, chef parlementaire du Parti libéral du Québec

Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nado-Dubois, a plutôt dit voir dans cette évolution une confirmation que la stratégie électorale de François Lego […] est de faire campagne pour l’immigration et les symboles religieux.

“Les gens disent souvent ‘Ah !’ M. Drainville a changé d’avis. Personnellement, je trouve qu’il y a quelque chose sur lequel il est très cohérent, Monsieur Drainville : il a écrit la Charte des valeurs et se lance maintenant en politique avec un Premier ministre qui veut faire campagne pour les symboles religieux et l’immigration.

– Citation de Gabriel Nado-Dubois, chef parlementaire du Groupe de solidarité Québec

Au Parti québécois, le leader parlementaire Joël Arseno a déclaré que M. Drainville pouvait être accusé d’opportunisme dans la mesure où il voulait saisir l’occasion de profiter de l’apparente popularité inégalée de la CAQ pour se rapprocher du pouvoir.

Dans son compte Twitter, le Parti Québécois a posté un vieux message publié en 2012 par Bernard Drainville, alors membre du PQ, dans lequel il accusait François Lego de nier [ses] convictions souveraines pour devenir Premier ministre, lui demandant : Moi, je vis très bien avec ma conscience. Toi?

Nous vivons très bien avec notre conscience. Vous ?, relève PQ dessus, dix ans plus tard.

Précision

La citation du tweet de Bernard Drainville d’octobre 2021 et le passage du texte qui le rappelle ont été modifiés pour être fidèles au message d’origine. Le mot “indépendance”, qui figurait dans une version précédente, a été supprimé car il ne figurait pas dans le tweet d’origine.