Après dix ans comme ministre de la Défense sous François Hollande, puis à l’Europe et aux Affaires étrangères sous Emmanuel Macron, le menhir, comme on l’appelle ici, va retrouver sa Bretagne. Son départ marqua aussi la fin de la présence bretonne au sommet de l’État, ce qui ne s’était pas produit depuis de nombreuses années.
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Il est vrai que le ministre s’est bien gardé de commenter son départ soudain, préférant garder ses premiers mots lors de la passation de pouvoir à sa successeure Catherine Colonna, qui doit avoir lieu ce samedi après-midi vers 15 heures sur le quai d’Orsay. .
En Bretagne, la fin de sa carrière de ministre, qui n’est certes pas une surprise, a évidemment provoqué une réaction. A commencer par Loig Schenet-Girard, président de la région, qui a tweeté une pensée amicale à Jean-Yves Le Drian, qui est au service de l’Europe, la France, depuis 10 ans, sans jamais oublier la Bretagne. Proche du ministre qui a choisi de lui succéder en 2017, le président de région voit dans ce départ une étape très forte de sa vie après ces années de plein engagement. Je lui témoigne de mon amitié inébranlable, poursuit-il.
Richard Ferran, président de l’Assemblée nationale, rend également hommage au grand Breton, pour qui j’ai un profond respect et une profonde admiration. Il a occupé la plus haute fonction royale. Ce qui lui restera inspirant, c’est sa façon de tenir fermement la barre, tout en sachant rassembler les gens.
Une carrière unique
Mais ne vous méprenez pas. L’émotion au moment du départ ne signifie certainement pas déception pour la personne. Contrairement à ce que certains ont pu laisser entendre avant le remaniement, Jean-Yves Le Drian n’a pas souhaité prolonger son engagement pour un nouveau mandat. A 75 ans, le ministre, dont la carrière n’a pas d’égal dans la Ve République, avait déjà prévenu il y a quelques mois que la fin du premier mandat du président Macron marquerait aussi la fin de sa mission au sein du gouvernement. Il pourrait même être soulagé après dix ans d’une vie extraordinaire dans la gestion des crises à travers le monde, commençant par le terrorisme et les attentats du Brexit et se terminant par la guerre en Europe.
Rappelons également que ces dix années d’engagement au sommet de l’Etat faisaient suite à plus de 40 ans de carrière débutée en 1975 à Lorient. Dès lors, Jean-Yves Le Drian est député de 1978 à 1991, puis de 1997 à 2007. Entre-temps, il est nommé secrétaire d’État à la Mer sous le gouvernement d’Edith Cresson. Il a également été maire de Lorient de 1981 à 1998 et président du conseil régional de Bretagne de 2004 à 2017. Au total, il a mené 15 campagnes électorales, dont seulement deux ont échoué.
Et puis ?
Que fera Jean-Yves Le Drian après son retour en Bretagne, peut-être même en fin de week-end ? Je ne suis pas sûr qu’il se connaisse exactement. Mais les élections législatives approchent. Et on ne l’imagine pas en simple spectateur. Désormais maître de son temps, il prendra certainement une part active à la campagne. Surtout pour les candidats de la majorité présidentielle qu’il voudra soutenir. On pense à Lisian Methaier, qui a besoin de gloire à Lorient, ou à son ami Olivier Alain, qui espère “détrôner” Marc Le Four à Ludeak-Lamballe, un vieil adversaire de Jean-Yves Le Drian.
Si aucun autre Breton n’entre au gouvernement, Richard Ferran a de bonnes chances de conserver son poste de président de l’Assemblée nationale. C’est en tout cas son souhait, qui n’est pas affecté par l’absence des Bretons au gouvernement. Les députés bretons sont extrêmement actifs et présents, nous ne sommes pas démunis, rassure-t-il. Il lui reste donc à être réélu une troisième fois dans sa circonscription du Finistère. Et devinez qui il a invité à l’accompagner sur le chemin de la campagne ? Du Jean-Yves Le Drian ! L’histoire n’est pas terminée…
Bretagne. Fini de craquer pour Jean-Yves Le DrianCHARBON
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