Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire le 20 juillet 2022 après le Conseil des ministres à l’Elysée à Paris. LUDOVIK MARIN / AFP
Au cœur du dispositif gouvernemental en ce début de législature marquée par une forte inflation et des tensions géopolitiques qui pèsent sur la croissance, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire est en première ligne pour faire voter par les parlementaires le projet de loi d’urgence à protéger le pouvoir d’achat et le Finance Amendment Bill pour son financement.
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En matière de pouvoir d’achat, les opposants vous reprochent de ne pas faire assez de compromis. Êtes-vous prêt à trouver un accord, notamment sur le carburant, avec Les Républicains (LR) ?
Bien sûr! Nous sommes ouverts aux compromis. Mais il nous faut un cadre : rien qui puisse nuire à nos finances publiques, tout pour la transition climatique, tout pour l’emploi. La suppression des taxes sur les carburants n’est donc pas une option. Il s’agit d’une mesure irréversible qui coûtera chaque année au contribuable des dizaines de milliards d’euros. Et en plus de subventionner l’énergie fossile. Le gouvernement offre un rabais de 18 cents le litre jusqu’au 1er octobre, après quoi une compensation plus ciblée. Si LR pense qu’il faut gagner plus de 18 centimes, pourquoi pas ? Une chose est sûre : les compromis qui donneront lieu à des discussions à l’Assemblée devront respecter notre enveloppe de 4,4 milliards d’euros pour 2022.
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Une partie de la majorité est désormais favorable à une taxe sur les “bénéfices excédentaires”, à laquelle vous vous opposez…
Ne tombons pas dans une escroquerie intellectuelle qui laisse entendre que toutes les entreprises françaises profiteraient de la crise. Bon nombre de nos activités sont touchées par la hausse des prix de l’énergie et les contraintes d’approvisionnement. Seules quelques entreprises, en particulier dans les secteurs de l’énergie et du transport maritime, ont réalisé des bénéfices significatifs. Nous leur demandons de faire un effort. Je veux dire notamment Total et CMA CGM. Ils ont pris les premiers engagements. Devraient-ils faire plus ? Définitivement oui. Nous ferons le calcul lors du projet de loi de finances 2023.
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L’Espagne, l’Italie ou le Royaume-Uni ont introduit cette taxe extraordinaire…
Vous oubliez que ces trois pays ont des prélèvements obligatoires inférieurs aux nôtres ! En France, chaque difficulté se heurte à un nouvel impôt. Ce réflexe pavlovien n’améliore en rien le pouvoir d’achat des Français. Avec l’attractivité du pays, la valorisation du travail et le soutien aux entreprises, la baisse des impôts fait partie de l’ADN politique de notre majorité. Affirmons notre identité politique. Ne tombez pas dans les sirènes de l’opposition. Soyons nous-mêmes. N’oublions jamais que nos choix économiques depuis 2017 nous ont mis sur la voie du plein emploi et ont fait de la France le pays le plus attractif pour les investissements étrangers en Europe.
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