Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Mer à l’Elysée, le 4 mai 2022 STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Il n’ira pas. Dans un communiqué diffusé sur Twitter en même temps qu’une conférence de presse à Evreux, Bruno Le Mer a annoncé jeudi 5 mai au matin qu’il ne se présenterait pas aux élections des 12 et 19 juin. “J’ai toujours dit aux électeurs que je ne ferai pas plus de trois mandats : je tiens parole”, a déclaré le ministre de l’Economie, des Finances et de la Reconstruction, élu en 2007 et 2012 dans la première circonscription de l’Eure, la première sous l’étiquette UMP. puis, en 2017, sous le drapeau macroniste de La République en marche (LRM).
L’annonce, précédée de la publication de la première liste des nominations des partis présidentiels, pourrait surprendre certains hommes de main du gouvernement. Entre autres membres de l’exécutif, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui a partagé Bercy avec M. Le Mer jusqu’à l’été 2020 en tant que ministre des Comptes publics, a officialisé jeudi sa candidature dans le Nord.
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La circonscription de M. Le Mer, zone à prédominance rurale touchée par la désindustrialisation, aux portes de l’Île-de-France, est l’une de celles où le Rassemblement national (RN) a obtenu ses meilleurs résultats à l’élection présidentielle. L’Eure, dont le conseil départemental est présidé par Sébastien Lecornu, fidèle au chef de l’Etat, est le seul département de Normandie à mettre Marin Le Pen en tête du second tour le 24 avril. M. Le Mer écarte toute idée que son retrait est dû au rejet d’un obstacle : « La vie politique a besoin de clarté et de changement dans ses pratiques » et l’espace électoral n’est ni un droit ni une rente : il impose des obligations, dont la cession de nouveaux ou différentes personnalités », s’est-il excusé auprès de la presse jeudi.
règle strictement
“Ce n’est une surprise que pour ceux qui ne me connaissent pas”, a-t-il déclaré au Monde. Je crois au changement des pratiques politiques. J’ai prouvé trois fois que je pouvais affronter le suffrage universel direct. Je suis libre de choisir », a déclaré l’homme, qui a quitté la haute fonction publique en 2012 pour combattre « l’esprit de caste ». Même alors, il a adopté un projet de loi sur le “renouveau démocratique” pour limiter à trois le nombre de sièges parlementaires consécutifs.
L’annonce tranche avec l’ambiance de 2017, lorsque l’ancien ministre de l’Agriculture Nicolas Sarkozy déclarait : “Sans les électeurs de l’Eure, je n’ai aucune légitimité. “A cette époque, le nouvel élu Emmanuel Macron avait instauré une règle stricte : les membres du gouvernement qui se battent pour les législatives doivent démissionner en cas de défaite. “Je peux tout perdre”, avait alors déclaré le nouveau locataire de Bercy. Au final, il a obtenu 64,53 % des voix au second tour dans sa circonscription face au candidat du Front national.
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