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Canada Hockey | Les joueurs de l’équipe nationale réclament une enquête “approfondie”

Les joueuses de l’équipe nationale féminine ont l’intention de faire partie de la “procédure régulière pour faire éclater la vérité” concernant un présumé viol collectif survenu en 2018 en marge d’un événement organisé par Hockey Canada.

Mis à jour hier à 17h36

Catherine Harvey-Pinard La Presse

Les joueuses des dernières équipes nationales féminines du Canada aux Jeux olympiques et aux Championnats du monde de Pékin se sont exprimées pour la première fois sur le scandale qui entoure le hockey canadien depuis plusieurs semaines.

Ils, dont les résidents du Québec Marie-Philippe Poulin et Anne-René Desbien, ont partagé une longue déclaration sur leurs réseaux sociaux lundi – en anglais et en français – s’adressant au directeur général et aux membres du conseil d’administration de l’organisation.

“Les affirmations que nous lisons et entendons sont extrêmement dérangeantes et totalement inacceptables”, ont-ils écrit. […] Tous les faits entourant cette terrible situation doivent et seront révélés. Après tout, la seule façon de guérir une blessure est de la reconnaître pleinement. »

Les joueurs disent qu’ils se joignent à “tous les Canadiens” pour exiger une enquête “approfondie et transparente” sur les incidents, ainsi que sur “la structure, la gestion et l’environnement au sein de l’organisation”.

«Lorsque toute la vérité sera révélée, Hockey Canada et son conseil d’administration devront s’assurer que toutes les mesures appropriées seront mises en place afin que ce type de comportement inacceptable ne se reproduise plus jamais», insistent-ils.

Premier pas

Plus tôt dans la journée de lundi, Hockey Canada a dévoilé son plan d’action visant à éliminer les « problèmes systémiques » au hockey, à renforcer la sécurité et l’inclusion et à combattre une « culture du silence ».

Les joueurs se disent “encouragés” par ledit plan d’action, tout en précisant qu’il ne s’agit “que d’un pas vers la lutte contre les comportements toxiques”.

“Il reste encore beaucoup de travail à faire et d’action pour résoudre pleinement les problèmes sous-jacents afin qu’un nouveau Hockey Canada émerge de cette crise.” Il est important d’avoir des femmes à la table pendant que ce processus se déroule, et nous vous demandons d’inclure des représentants de notre groupe afin que nous puissions être informés et inclus. »

Fin juin, le ministre des Sports, Pascal St-Onge, a suspendu le financement fédéral du hockey canadien après que les hauts dirigeants de l’organisation ont témoigné devant le Comité du patrimoine canadien à Ottawa. Quelques jours plus tard, plusieurs grands partenaires de l’organisation ont à leur tour mis fin à leurs liens avec l’organisation ou revu la répartition de leurs investissements.

Ces coupes budgétaires sont qualifiées de “profondément inquiétantes” par les acteurs.

«Cela aura certainement un impact sur le financement essentiel à la formation et au développement de nos équipes nationales féminines, qui nous a permis de briller sur la scène mondiale du hockey», ont-elles déploré, soulignant que le programme féminin a été rentable au fil des ans. médailles d’or et 11 titres mondiaux.

Ils ont également déclaré qu’ils “ont l’intention de surveiller de près cette situation et de porter une attention particulière à toutes les décisions qui y sont liées”.

Un plan d’action pour stopper les comportements toxiques

Hockey Canada a dévoilé son plan d’action pour résoudre les problèmes systémiques dans le sport avant le début de la deuxième ronde d’audiences parlementaires sur la gestion par l’organisme des allégations d’abus sexuels en 2018.

Le plan, qui s’articule autour de six éléments de base, vise à lutter contre les comportements toxiques – sur et hors de la glace – qui vont à l’encontre des attentes des Canadiens à l’égard du hockey et combattra la culture du silence qui prévaut dans certains domaines du sport. Il comprend la mise en place d’un système de suivi et de signalement des plaintes pour abus, dont les résultats sont publiés annuellement.

Hockey Canada indique également qu’il mettra en place une vérification améliorée du caractère pour tous les programmes de haute performance et exige que le non-respect du code de conduite de l’organisation ou le refus de participer à une enquête puisse entraîner une interdiction à vie.

L’organisation s’est également engagée à adopter le Code de conduite universel pour prévenir et traiter le harcèlement dans le sport (version 6.0) et à obtenir le statut de signataire auprès du Bureau du commissaire à l’intégrité dans le sport (BCIS).

Pour mettre en œuvre ce plan, le conseil d’administration de l’organisme travaille à former un comité spécial d’experts indépendants pour superviser sa mise en œuvre et guider sa mise en œuvre. Cette commission sera nommée d’ici le 15 septembre.

La Presse Canadienne