France

Canicule : Voici pourquoi ce n’est pas à la hauteur de 2003

Par Régis CREPET, Météorologue Publié le 12/07/22, mis à jour le 13/07/22 à 10:28

La canicule actuelle se développera en deux grands pics de chaleur intense, l’un en milieu de semaine et l’autre en début de semaine prochaine. Pour les régions du sud, il fait très chaud pendant longtemps. Mais à l’échelle de la France, cet épisode n’est pas tout à fait comparable à la canicule de 2003 et 2006, par exemple.

La France connaît une canicule prolongée sur l’ensemble du territoire, certaines régions atteignant des seuils caniculaires. Si l’épisode est pénible à supporter, il ne rivalise pas avec les grosses manches de 2003 et 2006. Voici pourquoi.


Un épisode moins prolongé et moins intense qu’en 2003 et 2006






Disons tout d’abord qu’on parle de “canicule” lorsque la température moyenne est supérieure ou égale à 25,3°C pendant 24 heures, supérieure à 23,4°C pendant au moins trois jours et toujours supérieure à 22,4°C pendant tout l’épisode. Cette valeur moyenne est appelée « indice national de chaleur ». Les plus intenses en juillet 2019 et août 2003 ont dépassé 29°C en une journée. Au sein d’une canicule, le stade canicule correspond à des seuils particulièrement élevés fixés par le département : les températures minimales ne doivent pas descendre en dessous d’un certain seuil (généralement proche de 20°C) et atteindre au moins 34° à 36° l’après-midi, pour 3 jours et 3 nuits d’affilée.


Les canicules les plus longues, comme celle de juillet 1983, ne sont pas forcément les plus intenses.


La canicule d’août 2003 reste à ce jour la plus intense et l’une des plus longues. Elle a fait forte impression avec près de 15 000 victimes en France, selon le rapport du Sénat. Cette canicule a duré 10 à 18 jours consécutifs, avec des nuits où les températures ne sont pas descendues en dessous de 20 à 25°C et des maximales journalières coincées entre 38 et 40°C jusqu’en région parisienne. C’était la fournaise.


Le nombre de jours où la température atteint et dépasse les 40°C varie de 4 à 11 jours, surtout dans les régions centrales. A cette occasion, le thermomètre a atteint 44,1°C à Conqueyrac dans le Gard, une valeur battue par 2019 avec 46°C à Verargues.


Parallèlement, le mois de juillet 2006 a également été extrêmement chaud en France. Il s’agissait alors du 2ème épisode le plus chaud depuis 1950, avec une température moyenne mensuelle de 24°C, après août 2003, qui était alors en moyenne de 24,2°C. Cette vague de chaleur a duré 18 jours, commençant le 16 juillet et se terminant à la fin du mois. Puis la vallée du Rhône avait subi la chaleur la plus intense.


La canicule actuelle, bien que susceptible d’atteindre des valeurs assez voisines, s’annonce beaucoup plus courte, sous la forme de deux gros pics de 2 à 3 jours dans la moitié nord, mais pouvant durer 8 jours dans le sud-ouest, à partir de mardi juillet 12 au mardi 19 juillet. C’est une durée qui n’est pas anodine compte tenu de la difficulté de ces séries, mais qui n’a rien d’exceptionnel.


Pour mesurer l’intensité des canicules, les météorologues utilisent l’indice national de chaleur, c’est-à-dire la valeur moyenne d’une journée (nuit et jour) dans 30 villes représentatives de France. A partir de 25,3°C on parle de canicule. On note que ce nombre était de 12 jours consécutifs lors des canicules de 2003 et 2006. On s’attend actuellement à un indice de chaleur supérieur à 25°C ce mercredi et jeudi, puis à nouveau lundi et mardi prochain, avec un possible pic de 28°C le Mardi. Le record d’indice de chaleur à ce jour est de 29,4°C le 5 août 2003 et le 26 juillet 2019. Dans les prochains jours, en seconde partie de semaine prochaine, la canicule devrait s’estomper vers le sud-est, mais l’indice de chaleur devrait rester élevé, proche de 25°C, ce qui pourrait prolonger la canicule dans certaines régions.




En conclusion, la canicule actuelle s’annonce intense, de durée relativement courte au nord mais relativement longue au sud. Nous devrions être absents entre mardi soir et mercredi prochain. Comparé aux plus grosses canicules, cet épisode restera plus doux. Il n’en reste pas moins que la dureté d’une telle chaleur doit vous inciter à prendre toutes les précautions d’usage.



Pour trente villes françaises représentatives, le nombre moyen de jours avec une température maximale supérieure à 35°C en juillet calculé sur la période 2000-2021 est de 1,1 jour. Selon nos prévisions, il sera d’environ 5,7 pour ce mois de juillet 2022 pic.twitter.com/OhmGa5MaTp

– La chaîne météo (@lachainemeteo) 13 juillet 2022