Enfin, l’actuelle ambassadrice de France à Londres, Catherine Colonna, remplace Jean-Yves Le Drian au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. A 66 ans, le diplomate au long parcours a la réputation d’un professionnel coriace habitué à la gestion de crise, du suivi de la guerre en Irak en 2003 à la gestion du dossier du Brexit ces dernières années.
Entré Quai d’Orsay après sa sortie de l’École nationale d’administration (ENA), Mme Colonna a été l’un des visages de la diplomatie française durant les années Chirac. Elle a également été porte-parole de la présidence de 1995 à 2004, une longévité record. Lors de la crise irakienne, qui a conduit à une grave détérioration des relations franco-américaines au début des années 2000, elle a également défendu avec force le refus de la France de participer à la guerre de 2003 aux États-Unis.
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Après l’Elysée, la diplomate a brièvement dirigé le Centre national de la cinématographie (CNC), organisme de régulation et de financement du cinéma français, en 2004, avant de revenir aux affaires publiques en 2005 lorsqu’elle a été nommée déléguée au Festival du cinéma européen. Elle a travaillé dans le gouvernement Villepin jusqu’en 2007. Elle a ensuite rejoint l’UNESCO avant de travailler dans le secteur privé.
Position particulièrement délicate dans le contexte du Brexit
Ambassadrice de France à Rome de 2014 à 2017, où elle a été aux premières loges de la crise migratoire, Catherine Colonna a été nommée à Londres mi-2019, juste avant la signature de l’accord de Brexit entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Ce poste s’est avéré particulièrement délicat, alors que les relations entre Londres et Paris continuaient de se dégrader après l’arrivée de Boris Johnson à Downing Street.
La France et le Royaume-Uni sont en désaccord sur la pêche, mais surtout sur la migration, le gouvernement britannique a accusé la France de ne pas suffisamment surveiller ses côtes ou d’empêcher la traversée de la Manche. Les deux années de pandémie n’ont pas permis de tisser des liens avec un gouvernement conservateur qui par ailleurs s’empresse d’utiliser ses divergences avec Paris à des fins purement de politique intérieure.
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Les tensions ont culminé en septembre 2021 suite à l’annonce de l’AUKUS Defence Alliance entre l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni. AUKUS a privé la France d’un très sérieux contrat de fourniture de sous-marins à Canberra et a été vécu comme une humiliation du Quai d’Orsay. Mme Colonna s’est officiellement concentrée sur les aspects positifs des relations franco-britanniques, culturelles et historiques, évitant les positions antagonistes sur les réseaux sociaux.
Vendredi, la personne concernée a réagi sobrement à sa nomination sur Twitter en écrivant : “Je suis très reconnaissante au président de la République et au Premier ministre pour la confiance et l’honneur qu’ils m’ont accordés. Première de ses homologues étrangères à réagir, Analena Burbock, cheffe de la diplomatie allemande, s’est félicitée de l’arrivée d’un “partenaire enthousiaste pour une Europe forte dans le monde”.
Sa nomination intervient au moment où le Quai d’Orsay est en “maladie”, avec une grève le 2 juin de six syndicats et un groupe de 400 jeunes diplomates. Ils protestent contre l’accumulation de réformes, notamment celle qui introduit la “disparition” progressive du prestigieux corps diplomatique d’ici 2023.
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Le monde avec l’AFP
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