France

ce qui existe déjà, ce que veut faire le gouvernement, ce que veulent les associations

La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé dimanche 24 juillet un arrêté qui généralise l’interdiction des publicités lumineuses la nuit sur toute la France. Ce futur décret vise à harmoniser les règles existantes sur l’exclusion des publicités lumineuses de 1 h à 6 h, qui varient actuellement selon la taille de l’agglomération et que les associations veulent encore durcir.

Situation actuelle : faible respect de la réglementation

La question de la réglementation de la publicité lumineuse n’est pas nouvelle. Un décret de 2012 exigeait que les publicités lumineuses soient éteintes entre 1 h et 6 h, sauf dans les aéroports et les villes de plus de 800 000 habitants, où les réglementations locales en matière de publicité initiées par les maires peuvent remplacer la réglementation. Pourtant, seules 6% des communes ont adopté une réglementation en ce sens, couvrant 37% de la population, selon le ministère de la Transition énergétique

Selon la porte-parole de l’Association nationale pour la protection du ciel nocturne et de l’environnement (ANPCEN), Anne-Marie Ducroux, ce décret de 2012 n’a été effectivement appliqué qu’en 2018. En cas de vérification, les contrevenants risquent jusqu’ici un criminel de 4e classe. amende, jusqu’à 750 euros par annonce.

En 2021, la loi sur le climat et le développement durable s’est attaquée aux écrans vidéo dans les devantures de magasins, permettant aux élus locaux de définir spécifiquement des “heures d’interdiction”.

Le plan du gouvernement : vers des sanctions plus dures

Agnès Pannier-Runacher a promis un décret qui « généralise l’interdiction des publicités lumineuses, quelle que soit la taille de la ville, entre 1 h et 6 h, à de rares exceptions comme les gares et les aéroports ».

“Ce décret vise à harmoniser les règles d’extinction des publicités lumineuses, que la commune soit couverte par un arrêté local sur la publicité ou non”, a fait valoir le ministère, précisant que “les contours seront précisés” lors de la publication du décret.

La sanction sera plus sévère : les infractions seront passibles d’une amende de 5e classe pouvant aller jusqu’à 1.500 euros pour une publicité ou une enseigne non éteinte, a indiqué à l’AFP le ministère de la Transition énergétique.

Plaintes associatives : un projet qui ne va pas assez loin ?

Pour Zélie Victor, responsable transition énergétique du Réseau Action Climat (RAC), qui regroupe plusieurs associations, il faut “limiter le pic de consommation non seulement entre 1h et 6h, mais aussi en période de tension, notamment à midi”. et le soir, là où il y a plus de consommation d’énergie”.

Le ministre pourrait “par exemple augmenter la durée de la disparition de 1h à 6h à 22h à 6h”, ajoute Anne-Marie Ducroux.

“Si on veut aller dans le sens de la sobriété énergétique et légère, on se débarrasse de tout ce qui ne sert à rien”

Anne-Marie Ducroux, porte-parole de l’ANPCEN

à l’Agence France Presse

La Convention citoyenne pour le climat réclamée par le président Emmanuel Macron était beaucoup plus ambitieuse et proposait au gouvernement « une interdiction de ces écrans (publicités vidéo) dans l’espace public, les transports en commun et dans les lieux de vente », une proposition qui a été rejetée.