France

ce qui va changer leur classification comme espèce nuisible à la santé humaine

Leurs poils très volatils provoquent des démangeaisons, des allergies, des irritations respiratoires, des conjonctivites ou encore des inflammations des muqueuses, pouvant entraîner la mort des animaux. Les chenilles processionnelles, dont la présence s’est propagée en France ces dernières années, viennent d’être classées comme nuisibles pour la santé humaine par un arrêté du 25 avril, publié au Journal officiel le 27 avril. Ces espèces sont aujourd’hui présentes dans au moins 84 des 96 départements français.

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Les deux types de chenilles procession classées comme nuisibles

Les deux types de chenilles procession sont classées comme nuisibles, précise le décret. La chenille processionnaire du pin, présente dans les sous-bois de décembre à avril, cède ce printemps la place à la chenille processionnaire du chêne, présente d’avril à août sur les troncs d’arbres. Ces chenilles printanières et estivales sont un peu moins accessibles car elles ne sont pas au sol, mais elles sont tout aussi piquantes et dangereuses pour les animaux et les humains.

La chenille procession du chêne présente jusqu’en août dans les forêts. – Observatoire des Chenilles de Procession

Un classement qui obligera les préfets à intervenir dans les zones à risques

Ce classement est “une très bonne nouvelle”, estime Alice Samama, animatrice à l’Observatoire Caterpilla, créé l’an dernier. Cela va en effet permettre et même obliger les préfets à “introduire des traitements et des stratégies pour lutter contre leur propagation” dans les lieux où les chenilles sont susceptibles d’affecter les populations et les animaux domestiques, explique-t-elle. « Concrètement, nous aurons une gestion des risques plus ou moins obligatoire », précise Alice Samama. “Par exemple, si des chenilles sont observées dans un parc d’enfants ou une cour d’école, le préfet sera dans l’obligation d’agir. A l’inverse, dans une forêt à faible trafic, la gestion des risques ne sera pas obligatoire.

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Des éco-pièges aux bactéries en passant par la mésange, plusieurs traitements possibles

Comment le préfet peut-il agir ? “Différents traitements sont possibles”, explique Alice Samama. Pour traiter la chenille du cortège des pins se déplaçant sur le sol, des éco-pièges sous forme de colliers peuvent être placés au bas des troncs d’arbres : les chenilles s’y coinceront et ne pourront pas se déplacer sur le sol. Pour traiter la chenille procession du chêne, présente jusqu’en août, il faut plutôt détruire les nids. Pour réduire la présence des deux espèces, “on peut aussi favoriser la présence de leurs prédateurs, qui sont les mésanges et les chauves-souris”, explique le spécialiste.

Il existe également un traitement biologique pour contrôler une bactérie spécifique appelée Bacillus thuringiensis. Traitement déjà utilisé par certaines municipalités. “Cette bactérie cible les papillons des deux espèces, mais il faut être très prudent car elle cible d’autres espèces de papillons”, explique Alice Samama.

Le but n’est pas de détruire les chenilles – Alice Samama, animatrice à l’Observatoire des chenilles processionnelles

Mais l’expert prévient : « Le but n’est pas de détruire les chenilles processionnelles. L’espèce a bien des prédateurs qui ont besoin de manger ces chenilles », explique-t-elle. “Si on les éradique, on casse le maillon de la chaîne alimentaire et cela pourrait déséquilibrer la biodiversité. Au lieu de cela, Alice Samama recommande une action ciblée, en fonction du risque dans chaque domaine.

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